©Havariekommando

Un nouveau rapport portant sur la perte de conteneurs par le MSC Zoe en janvier 2019 confirme les insuffisances de l’arrimage des boîtes en pontée. Le porte-conteneurs avait subi une forte tempête du nord-ouest alors qu’il naviguait vers Bremerhaven. Le rapport recommande l’interdiction pour les grands porte-conteneurs d’emprunter la route sud en cas de tempête. MSC s’incline.

Le rapport estime qu’il n’est « pas souhaitable » que de grands porte-conteneurs empruntent encore la route sud quand se produit une tempête du nord-ouest. Selon ses auteurs, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark devraient introduire une proposition en ce sens auprès de l’Organisation maritime internationale (OMI).

Début janvier 2019, le MSC Zoe avait subi une forte tempête du nord-ouest alors qu’il naviguait sur la route la plus proche des îles de la Frise occidentale, les Waddeneilanden, en route vers Bremerhaven. Le porte-conteneurs géant (19 224 EVP) avait perdu 342 conteneurs en mer. Une partie de ces boîtes avait échoué sur les plages des îles les plus proches, qui forment une zone naturelle protégée. Les opérations de nettoyage avaient duré des mois.

Dans son rapport sur les causes de ce sinistre et les leçons à en tirer, l’autorité compétente aux Pays-Bas, l’Onderzoeksraad voor Veiligheid (OVV), souligne qu’en cas de tempête de nord-ouest, la route sud suivie par le MSC Zoe présente des risques plus importants pour les grands porte-conteneurs que celle qui passe plus au nord. Les déferlantes latérales font alors subir au navire, à sa cargaison et aux systèmes d’arrimage des oscillations et des forces « extrêmes ». De plus, la moindre profondeur d’eau y accroît le risque de contact avec le fond marin.

Le rapport estime qu’il n’est « pas souhaitable » que de grands porte-conteneurs empruntent encore la route sud quand se produit une tempête du nord-ouest. Selon ses auteurs, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark devraient introduire une proposition en ce sens auprès de l’Organisation maritime internationale (OMI).

Le MSC Zoe perd 270 conteneurs en mer

Arrimage insuffisant

Une autre recommandation s’adresse aux armements conteneurisés. Ils devraient s’entendre sur les normes techniques du matériel utilisé pour le lashing des boîtes en pontée, de façon à pouvoir faire face à des circonstances similaires à celles rencontrées par le porte-conteneurs de MSC. Là aussi, l’OMI aurait un rôle à jouer.

Cette remarque rejoint le constat d’une autre instance d’inspection néerlandaise, l’ILT (Inspectie Leefomgeving en Transport), qui avait enquêté sur le chargement et l’arrimage des conteneurs à bord de navires hauturiers à la suite de l’accident du Zoe. Dans son rapport, ce service dénonce le non-respect des règles et prescriptions dans ce domaine. Des manquements (parfois sérieux) ont été constatés dans 67 % des contrôles (documentaires et physiques) effectués l’an dernier sur 69 navires à Rotterdam. L’ILT précisait que la situation s’est améliorée par rapport à 2009, mais que « l’équipage ou l’armement fait des choix à la limite de la sécurité en mer et de l’arrimage efficace des conteneurs ».

Réaction de MSC

Dans un communiqué de presse, MSC dit prendre acte du rapport de l’OVV. L’opérateur italo-suisse avait annoncé dès le départ qu’il assumerait les conséquences financières de l’accident, dont il affirme qu’il aura coûté « plusieurs dizaines de millions d’euros » et que l’opération de nettoyage a permis de localiser « une quantité énorme de débris sous-marins découlant d’activités maritimes diverses et d’accidents bien antérieurs à la navigation conteneurisée ».

MSC ajoute avoir déjà pris la décision d’éviter la route sud à la suite de l’accident du Zoe.

Jean-Louis Vandevoorde

APL England : vers un nouveau débat sur les conteneurs perdus en mer ?

Fin de l'indulgence sur le fret mal déclaré

Y a-t-il tromperie sur la marchandise?