Les trois transporteurs japonais voient enfin la vie en magenta. Ils ont enregistré leur première trimestre bénéficiaire depuis le début de leur aventure à trois en avril 2018. Toutefois, le conglomérat nippon s'attend à une perte à l'issue du second semestre de son exercice financier (octobre 2019-mars 2020), anticipant sur les coûts de soute découlant de l'application de la réglementation OMI 2020.

Une première depuis leur fusion entre K-Line, Mol et NYK en avril 2018. Les trois transporteurs nippons réunis sous l'appellation commune One (NYK, actionnaire à hauteur de 38 %, Mol, à 31 %) ont déclaré un chiffre d'affaires en hausse de 39 %, à 2,88 Md$, et surtout un résultat net de 5 M$ à l'issue deuxième trimestre de 2019 (premier trimestre de l'exercice financier japonais), son premier trimestre bénéficiaire depuis que la nouvelle société a démarré ses activités alors qu'elle affichait une perte nette de 120 M$ il y a un an, à période comparable. Elle doit en grande partie l'amélioration de ce ratio à un gain de 220 M$ attribuable à l'amélioration des volumes transportés alors que seulement 20 M$ était imputable à la hausse des taux de fret.

Selon Alphaliner, le conglomérat nippon semble avoir pourtant bénéficié de l'amélioration des taux de fret aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Asie. Il aurait regagné tous les volumes perdus sur les routes Asie-Europe. Sur l'axe Extrême-Orient Europe, tous sens confondus, One a transporté entre avril et juin 783 000 EVP, soit 54,7 % de plus qu'au cours de la même période de2018. Dans le sens Extrême-Orient – Europe, les porte-conteneurs ont embarqué 460 000 EVP (+ 47,4 %) et 323 000 EVP ans l'autre sens (contre 194 000 EVP l'an dernier), soit une progression de 66,5 %. 

Prudence 

Toutefois, sur les routes transpacifiques, le transporteur nippon n'a toujours pas récupéré les flux d'antan : dans le sens eastbound, les volumes ont augmenté de 26,2 % à 669 000 EVP et dans l'autre sens, ils ont progressé de 60 %, à 350 000 EVP. Soit 1 MEVP. Mais les flux sont encore inférieures, respectivement de 8 % et 14 % à ce qu'ils étaient lors du deuxième trimestre 2017.

One reste extrêmement prudent. L'entreprise prévoit un bénéfice de 123 M$ pour son deuxième trimestre (au sens de la comptabilité japonaise), grâce aux gains sur les taux de fret contractuels, entrés en vigueur en mai de cette année. Toutefois, les volumes sur ses principales routes se sont avérés plus faibles que prévu, 12 traversées transpacifiques ayant été annulées depuis avril, ainsi que cinq traversées Asie-Europe. Mais l'armateur s'attend à une perte à l'issue du second semestre de son exercice financier (octobre 2019-mars 2020), atteignant 38 M$, anticipant sur les coûts de soute découlant de l'application de la réglementation OMI 2020. La première année fiscale, qui s'achèvera en mars 2020, devrait se solder sur un résultat positif de 90 M$, en légère hausse par rapport à ses prévisions qui tablaient sur 85 M$.

A.D