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Singamas, filiale à 41 % de PIL, a annoncé le 6 mai 2019 la cession de trois de ses plus grandes usines de fabrication de conteneurs en Chine à Cosco Shipping Financial Holdings pour 565 M$. Pour nombre d'observateurs, c'est un signe avant-coureur d'une nouvelle étape de consolidation, avec pour prochaine cible, la compagnie de Singapour.

Dans sa dernière publication, Aphaliner reprend à son compte une théorie largement partagée ces derniers jours. PIL, qui vient de céder ses usines de fabrication de conteneurs à Cosco, serait actuellement la proie la plus attrayante à attraper sur le marché du transport maritime de conteneur, en proie à la consolidation depuis la traumatique faillite de la Coréenne Hanjin. Le n°9 ou 10 mondial (selon les classements) du secteur, encore indépendant mais perclus de dettes, est l'objet de toutes les spéculations depuis 2016. Il a toujours nié vouloir vendre ses activités maritimes.

Chroniquement, l'on prête à Cosco et à CMA CGM l'intention d'être intéressés par cette compagnie, plutôt bien implantée en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Afrique. « La seule compagnie de porte-conteneurs de Singapour qui couvre les sept mers », selon la propre expression du CEO de PIL S.S. Teo, exploite actuellement des services en commun avec Cosco et le dirigeant, qui siège au conseil d'administration du géant chinois du shipping, reconnaît qu'un rapprochement encore plus poussé avec son partenaire « n'est pas impossible ».

Selon les dernières données financières publiées (fin du premier semestre 2018), la société fondée en 1967 faisait état d'une perte nette de 141 M$ sur un chiffre d'affaires total de 2,24 Md$. Les activités maritimes de PIL représentaient 56 % de son chiffre d'affaires total, tandis que Singamas, société cotée à Hong Kong, 43 % des revenus consolidés du groupe. Accablé par les dettes (3,46 Md$ en juin 2018, dont 1,08 Md$ payable dans les 12 mois), PIL a été forcé de donner en gage ses actions Singamas pour lever de nouveaux emprunts bancaires en juillet 2017.

Cosco, au 2e rang des producteurs mondiaux de conteneurs

Les trois usines vendues pour  3,8 milliards de RMB (565 M$) – Qidong Singamas Energy Equipment, Qingdao Pacific Container Co. et Ningbo Pacific Container Co. – totalisent une capacité de production annuelle de 560 000 EVP de conteneurs (dry et reefers), soit plus de 65 % de la force de production de Singamas (850 000 EVP/an). Elles ont contribué à hauteur de 1,096 Md$ en 2019 aux résultats de l'entreprise, soit 60 % de ses revenus. En plus des trois usines, Cosco a acheté Qidong Pacific, un petit dépôt de conteneurs à Jiangsu ainsi que Singamas Container (Shanghai), une filiale de services techniques.

Les 5 entreprises seront transférées à la filiale cotée à Hong Kong, Cosco Shipping Development (CSD), dans les 3 ans suivant la conclusion du contrat. CSD exploite déjà trois usines de fabrication d'une capacité annuelle combinée de 550 000 EVP. L'ensemble le hisserait au 2e rang des producteurs mondiaux de conteneurs, derrière CIMC, dont est aussi actionnaire Cosco Shipping à hauteur de 22,7 % .

Vendre sa participation de 41 % 

Cette vente fait suite à celle de Hui Zhou Pacific Container Co. en juillet 2018 pour 111 M$. La filiale de PIL se retrouve avec cinq sites de production, d'une capacité cumulée estimée à environ 290 000 EVP, ainsi que dix dépôts de conteneurs en Chine et à Hong Kong et une entreprise logistique à Xiamen. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de vendre certains de ses actifs mais sans trouver preneurs.

PIL pourrait encore chercher à vendre sa participation de 41 % dans Singamas (valeur comptable totale de 657 M$ à la fin de 2018). Pour répondre à ses besoins de trésorerie, l'entreprise singapourienne a conclu diverses opérations de cession-bail pour sa flotte de porte-conteneurs au cours des dernières années.

A.D.