Pour réduire l'empreinte carbone du transport de ses véhicules exportés, le constructeur automobile Renault a annoncé le 27 novembre à l'occasion des Assises de l'économie de la mer un partenariat avec le concepteur nantais de voiliers cargo Neoline. Objectif : mettre en service d'ici 2021 deux navires rouliers à propulsion éolienne destiné à un service atlantique.

C’est à l’occasion des Assises de l'économie de la Mer le 27 novembre que le groupe français automobile a annoncé avoir conclu un accord de trois ans avec la nantaise Neoline, à l’origine de la conception d’un roulier de 136 m de long, d'une surface de voilure de 4 200 m2 et d’un port en lourd de 5 000 t, capable, selon la jeune entreprise de « réduire les émissions de CO2 jusqu'à 90 %, comparé à un cargo traditionnel sur un parcours équivalentgrâce à l'utilisation de l'énergie éolienne principalement. »

Selon les termes du partenariat entre le grand compte et la start-up, deux navires sur ce modèle devraient être construits et mis en service d'ici 2020-2021 sur une route pilote reliant Saint-Nazaire en France, la côte Est des États-Unis et Saint-Pierre-et-Miquelon (au large de Terre-Neuve au Canada). Soit 13 jours pour traverser l’atlantique contre 8 jours pour une navire classique. Chaque navire devrait coûter environ 35 M€. La construction du premier est envisagée pour le premier semestre de 2019.

Actuellement, Renault, qui est présent dans 134 pays (3,76 millions de véhicules vendus en 2017), transporte par la mer près de 60 % de ses pièces et véhicules par voie maritime. Il estime le potentiel du service entre 50 et 100 véhicules par an.

Le groupe français vise une réduction de 6 % de l'empreinte carbone de sa chaîne logistique d'ici 2022, en travaillant tous les points de la supply chain, du transport des pièces jusqu'à leur livraison et leur traitement en fin de vie. Le groupe rappelle à cette occasion qu'il utilise le gaz naturel pour « le transport entre fournisseurs de pièces et sites de production, évalue les performances environnementales des transporteurs, et oeuvre à l’optimisation de ses flux pour réduire le nombre de kilomètres parcourus et éliminer les trajets à vide ».

Pour sa part, Jean Zanuttini, le directeur général de Neoline, entend apporter « une réponse française innovante à un défi environnemental universel tout en restant dans un cadre industriel et compétitif ».

--- La rédaction ---