La Chambre internationale de la marine marchande (ICS) et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ETF) appellent toutes les compagnies, armateurs et propriétaires de flotte à inciter les capitaines de navire à faire retentir « les cors » à 12h00 heure locale dans les ports le 1er mai.

Il s'agit pour les deux organisations à l’initiative de « reconnaître les contributions et les sacrifices que tous les travailleurs portuaires et maritimes consentent en ces temps difficiles. Ils travaillent d'arrache-pied pour que les denrées alimentaires, le carburant et les fournitures continuent de circuler. Qu'ils ne soient pas oubliés parmi les héros du quotidien ». Le seul secteur maritime européen emploie 685 000 personnes dont quelque 555 000 en mer. 150 000 marins ont besoin de changer d'équipage d'ici le 15 mai. Ce chiffre est en hausse de 50 % par rapport aux 100 000 enregistrés lorsque l'ICS a mis en évidence le problème pour la première fois auprès des gouvernements nationaux et du G20. 40 000 marins sont des ressortissants des Philippines, 20 000 d'Inde, 15 000 d'Ukraine et 10 000 de Chine.

Selon Guy Platten, le secrétaire général de l'ICS, « il y a 1,2 million de marins à bord de 65 000 navires en mer. Au cours des deux derniers mois, les changements d'équipage ont pratiquement cessé. Cela signifie que les équipages n'ont pas pu débarquer ou embarquer dans les ports et que les conditions ont dû être prolongées, mais cela n'est pas viable » (cf. plus bas, nos articles sur ce sujet).

Armateurs de France se joint à cet hommage aux marins pour rappeler à quel point ils jouent un rôle essentiel, « même en temps de crise », en contribuant au bon fonctionnement de la chaîne logistique.

« Jour de la fête du travail, nous célèbrerons tous les travailleurs et en particulier ceux qui continuent à exercer leurs activités en ce moment dans des conditions souvent très difficiles. N’oublions pas les marins, travailleurs invisibles, qui restent sur le pont contre vents et marées pour acheminer les marchandises dont nous avons tant besoin, explique Jean-Emmanuel Sauvée, président d’Armateurs de France. L'indisponibilité des vols, les mesures de confinement et les fermetures de frontières rendent les relèves d'équipage particulièrement compliquées actuellement. Nos marins restent éloignés de leurs familles pour des périodes plus longues que prévues et souvent sans aucun moyen de les contacter. Sonner les cornes de brume de leurs navires à l'unisson sera aussi l'occasion pour eux de saluer leurs proches. »

Jean-Emmanuel Sauvée : « Se projeter à six mois n’a pas de valeur dans le contexte actuel »

Brittany Ferries, « premier employeur de marins français », se joint à l’initiative solidaire. « Des marins de la Compagnie continuent à travailler pour maintenir en activité les cinq navires de la compagnie et assurer le transport de denrées essentielles et de matériel médical entre la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Irlande », rappelle aussi la compagnie. Les cornes de brume de onze de ses navires résonneront en Normandie, au Royaume-Uni et en mer : le Cap Finistère en escale à Portsmouth, le Barfleur à Caen (quai de Calix),  les Normandie, Bretagne, Pont-Aven, Etretat au Havre (quai de l’Europe et quai de Bougainville), l’Armorique à quai à Cherbourg, les Connemara, Mont St Michel, Kerry et Pélican en mer.

 

La rédaction

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