©CMA CGM

 

Comme annoncé en début de semaine, le CMA CGM Jacques Saadé, premier porte-conteneurs de 23 000 EVP alimenté au GNL, tête de série d’une lignée de neuf mégamax, a été livré le 22 septembre par le chantier chinois Hudong-Zhonghua. Les autres porteront le nom de monuments et lieux emblématiques de Paris : Champs Elysées, Palais Royal, Louvre, Rivoli, Montmartre, Concorde, Trocadéro et Sorbonne.

« Une première dans l’histoire du transport maritime », « un concentré d’innovations, fruit de sept années de recherche et développement », vante la société dans une note à ses clients. Incontestablement, le CMA CGM Jacques Saadé ouvre la voie à une nouvelle propulsion pour des porte-conteneurs de cette taille. On en entend parler depuis 2017, cette année où Rodolphe Saadé a fait connaître ses convictions en commandant une série de porte-conteneurs au GNL. Son choix apparaissait alors comme précurseur. Quelques années plus tard, il l’est toujours, le PDG de l’armement français restant incroyablement isolé dans ses croyances. Ses pairs ont pris, pour amender le rapport à l’environnement, d’autres chemins moins risqués, plus consensuels : le retrofit de navires existants.

Le CMA CGM Jacques Saadé, porte-conteneurs de 23 000 EVP immatriculé au Registre international français (RIF), débutera son voyage inaugural dès le 23 septembre sur le service phrare de l’armateur, le FAL entre l’Asie et l’Europe du Nord. Il touchera les ports de Pusan en Corée, Tianjin, Ningbo, Shanghai et Yantian en Chine, Singapour, Southampton, Dunkerque, Hambourg, Rotterdam, Algésiras en Europe et Port Kelang en Malaisie. La rotation s’effectuera  en 84 jours.

Il est la tête de ligne d’une série de huit sisterships qui porteront tous le nom de monuments et lieux emblématiques de Paris, la capitale française : Champs Elysées, Palais Royal, Louvre, Rivoli, Montmartre, Concorde, Trocadéro et Sorbonne.  Construits sur deux chantiers de China State Shipbuilding Corp (CSSC), ils doivent être livrés entre cette année et l’année prochaine.

 

Le GNL dans les starting-blocks

Savoir-faire tricolore

Pour leur avitaillement en gaz, CMA CGM a contracté avec Total. C’est le Gas Agility, officiellement nommé le 18 septembre, qui remplira cet office à partir de son port d’attache, Rotterdam, d’où il rayonnera sur l’Europe du nord.

Outre la motorisation au GNL, les nouveaux porte-conteneurs, estampillés « LNG Powered » sur la coque, ont bénéficié de quelques innovations : « Le poste de pilotage dispose des dernières technologies digitales embarquées pour assister le commandant et l’équipage, notamment dans les phases de manœuvres portuaires. Ils sont dotés d’une étrave droite avec bulbe intégré, d’un safran et d’une hélice au design redéfini qui améliorent leur hydrodynamisme, réduisant ainsi la consommation d’énergie », détaille l’entreprise.

Rodolphe Saadé revendique en outre avoir fait appel à un panel d’entreprises françaises telles que Bio-UV (systèmes de désinfection de l’eau par ultraviolets)  pour le traitement des eaux de ballast), Cryostar (équipements cryogéniques pour la fourniture de pompes GNL) ; BLM (treuils et guindeaux), Bureau Veritas, GTT (conception des cuves GNL), Schneider Electric (tableaux électriques du navire)… tandis que la société britannique a fourni les systèmes de radionavigation et la finlandaise Wärtsilä le fuel gas handling system et des systèmes auxiliaires. 

Eaux de ballast : Bio-UV lance un système pour les petits débits

Trois séries

CMA CGM a passé commande de trois séries de navires au GNL. Excepté les neuf mégamax de pleine propriété, il doit être livré de six unités – Scandola, Iguacu, Bali, Symi et Arctic, livrées en 2020 et 2021 – série affrétée auprès du groupe Eastern Pacific Shipping (EPS), propriété de l’homme d’affaires israélien Idan Ofer. Il attend en outre cinq porte-conteneurs de 15 000 EVP, construits par le chantier chinois Jiangnan et mis en service entre Asie et Méditerranée. Ils seront avitaillés à partir de Fos.

Au total, d’ici 2022, CMA CGM disposera de 20 navires alimentés au gaz, 14 en propriété et 6 sous affrètement à temps, exploités sur les corridors Asie - Europe du Nord et Asie - Méditerranée.

Adeline Descamps