©Bourbon

 

Après avoir fourni et installé les deux premiers éoliennes flottantes au large de Viana do Castelo, le groupe de services maritimes vient de remorquer et connecter la dernière unité du projet ibérique WindFloat Atlantic. Bourbon Subsea Services en fait la vitrine de son savoir-faire en matière d’installation d’éoliennes flottantes offshore.

Avec une capacité totale de 25 MW, la ferme pilote à 20 km le long des côtes portugaises revendique son statut de premier parc éolien flottant en Europe continentale. Le projet WindFloat Atlantic, porté par Windplus, qui associe EDP Renewables (54,4 %), Engie (25 %), Repsol (19,4 %), Principle Power (1,2 %) et leurs partenaires techniques, la joint-venture Navantia/Windar, le groupe A-Silva Matos, le constructeur de turbines éoliennes MHI Vestas, le fabricant de câbles dynamiques JDR Cables et le fournisseur du système d’ancrageVryhof, vient de vivre une de ses toutes dernières étapes.

Bourbon a remorqué avec le Bourbon Orca depuis le port espagnol Ferrol en Galice la dernière unité de 190 m de haut pour l’ancrer par 100 m de profondeur, assisté par un remorqueur portuaire et un navire support de ROV et poseur de câbles électriques. La division subsea du groupe marseillais devait ensuite la connecter aux lignes d’ancrage préinstallées et opérer le raccordement électrique.

 « Ce projet au forfait démontre l’expertise du groupe dans le domaine du remorquage, de la robotique sous-marine, du positionnement et de la pose de câbles électriques ainsi que sa capacité à coordonner les différents acteurs », souligne Patrick Belenfant, le directeur général de Bourbon Subsea Services, qui entend prendre l’ascendant en Europe sur l’installation des éoliennes flottantes offshore. Bourbon était sur ce projet responsable de son management et de l’ingénierie d’installation en mer ainsi que de l’ensemble des moyens navals et humains nécessaires aux opérations pour les trois turbines de 8,4 MW. 

Collaboration ibérique

WindFloat Atlantic repose sur le prototype WindFloat1 entré en service entre 2011 et 2016. Ce princeps de 2 MW a permis de produire de l'électricité de manière continue pendant cinq ans tout en résistant à des conditions météorologiques extrêmes, parmi lesquelles des vagues allant jusqu'à 17 m de haut et de vents atteignant 60 nœuds.

La première des trois turbines MHI Vestas avait été installée en octobre et raccordée au réseau en décembre. La seconde avait quitté Ferrol le 29 décembre et raccordée en janvier. L’exploitation des trois structures flottantes de 30 m, dont les colonnes sont distantes de 50 m les unes des autres, disposera d’une capacité de 25 MW et sera en mesure de générer suffisamment d'énergie pour alimenter en énergies 60 000 personnes chaque année.

Les plateformes ont été construites dans le cadre d'une collaboration entre les deux pays de la péninsule ibérique : deux des plates-formes ont été construites dans les chantiers navals de Setúbal au Portugal et la troisième dans ceux d'Avilés et de Ferrol en Espagne. Les collectivités locales, la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement ont participé au financement des opérations.

Bourbon a remorqué avec le Bourbon Orca depuis le port espagnol Ferrol en Galice la dernière unité de 190 m de haut pour l’ancrer par 100 m de profondeur. ©Bourbon

Technologie plus récente

Les éoliennes offshore, technologie plus récente que sa version ancrée, portent tous les espoirs des acteurs de l’éolien, dans le sens où les turbines, placées loin de rivages, permettent de régler une partie de la problématique éolienne, à savoir minimiser leurs impacts visuels. La technologie, qui permet l'installation de plateformes éoliennes en haute mer, zone jusqu'à présent inaccessible, rend ainsi possible l’exploitation des abondantes ressources en vent.

Pour l’heure, l’éolien flottant se résume en France à une éolienne de démonstration, mise en service en septembre 2018 au large du Croisic, et à quatre fermes pilotes (25 MW chacune) qui doivent entrer en exploitation en 2021, respectivement développées par Eolfi en Bretagne, Engie, Quadran Energies et EDF Renouvelables en Méditerranée.

Dans les derniers états financiers de la société marseillaise, qui a fait l’objet d’une reprise par la Société phocéenne de participations en janvier, le groupe avait indiqué avoir été sanctionné par la baisse d'activité du Subsea (ingénierie et gestion des opérations jusqu’à 4 000 m de profondeur), en repli de 16,9 % avec un chiffre d’affaires à 36 M€ à l’issue du 3e trimestre. 

Adeline Descamps