Dans un entretien au Figaro, le président de la Cruise Lines International Association (Clia), qui regroupe les majors de la croisière, revient sur les événements qui ont précipité le secteur dans la crise. Il estime que les croisiéristes ont pris très rapidement les mesures qui s'imposaient et avant même les injonctions des autorités, comme l’OMS. « En annulant les escales dans les zones dites rouges, et en premier lieu la Chine continentale. En mettant en place immédiatement des dispositifs sanitaires pour les passagers et le personnel navigant, comme la prise de température systématique et le refus de ceux qui avaient effectué un séjour en Chine », rappelle-t-il.

Pour le directeur des affaires institutionnelles de MSC Cruises, « les flux touristiques vont reprendre. Ils vont simplement changer de nature, comme c’est le cas depuis l’après-guerre. Des filières vont émerger, d’autres vont disparaître ou devoir se réadapter ».

À quoi ressemblera demain la croisière ?

« La croisière peut s'adapter plus facilement car elle n'a pas de fondations. Elle a la possibilité d'être plus réactive que bien d'autres filières », répond-il au quotidien. « Chacun d’entre nous sera attendu sur les améliorations sanitaires (...) Pour le reste, toutes les options sont ouvertes. Nous pourrons revoir l’offre en fonction des événements, en évitant certaines escales par exemple ou en revoyant nos trajectoires en fonction de la situation sanitaire des différents pays. Réaménager les circuits fait partie intégrante de notre mode opératoire et de notre modèle économique. »

Le président de la Clia voit notamment un signal positif dans le fait qu’il y ait peu d’annulations mais davantage de reports. C’est ce que les compagnies de croisière indiquent en effet. Quant au traumastime du confinement en tant que répulsif pour les paquebots, il n’y croit guère. « Les récents événements vont se traduire par une volonté de départ encore plus grande. La croisière peut être une bonne réponse à ce besoin de prendre le large. N'oublions pas qu'une croisière, c'est aussi la possibilité de partir à proximité depuis des ports comme Marseille, Le Havre, Nice, avec un circuit qui permette de découvrir des villes nouvelles avec toute la sécurité au rendez-vous. »

Selon la Clia, les retombées économiques du secteur en France sont estimées à 3,6 Md€ de revenus par an (toutes activités touristiques confondues) et 20 000 emplois directs et indirects sur le territoire, auxquels s'ajoutent 9 000 emplois directs et indirects, liés à la construction navale. L’association représentative du secteur estime à 869 M€ le manque à gagner pour l'économie française. 2 900 emplois directs et près de 20 000 emplois indirects hors construction seraient ainsi menacés dans l’Hexagone.

En France, les professionnels du tourisme planchent actuellement sur des propositions autorisant une reprise d'activité dans le respect des mesures sanitaires prescrites. Elles seront discutées lors d'un comité interministériel sur le tourisme dans la première moitié du mois de mai. 
 

La rédaction

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