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Avec la vente de son dernier porte-conteneurs, le propriétaire de navires, coté à la Bourse de New York et soutenu par des intérêts grecs, achève sa mue et sa conversion en un armateur de pétroliers aframax.

Le Domingo de 3 739 EVP, construit en 2001, affrété par MSC depuis le 30 juin et jusqu’à fin septembre pour 4 500 $/jour, vient d’être vendu pour 5,6 M$ (avant commissions) selon Clarksons. Guère plus que ce que la vente pour démantèlement aurait rapporté.

Le 19 août, Performance Shipping a signé un protocole d'accord avec son nouveau propriétaire, basé à Jebel Ali et affilié à MSC. Il naviguera désormais sous une nouvelle identité, le MSC Jessenia R. et exploitée sur une ligne Europe-Afrique de l'Ouest, Afrique du Sud et Moyen-Orient.

Réincarnation

Avec cette vente, Performance Shipping, ex-Diana Containerships Inc. (jusqu'en février 2019), se réincarne en propriétaire de pétroliers avec une flotte composée de quatre aframax. L'armateur grec, qui a soutenu la création de Diana Containerships, a créé Diana Shipping, toujours exploitant de vraquiers, avec une flotte de 40 unités de 70 000 à 208 000 tpl.

Diana Containerships cotée au Nasdaq en juin 2010 puis à la Bourse de New York en janvier 2011, a connu son acmé il y a cinq ans avec une flotte de 13 porte-conteneurs de 3 400 à 6 500 EVP totalisant 62 200 EVP. L’entreprise, s’est progressivement désolidarisée de ses plus petites unités, impactées par l'offre excédentaire et les faibles taux d'affrètement, pour des 6 500 EVP.

Troc entre porte-conteneurs et quatre pétroliers

Depuis le début de sa diversification en juin 2019, elle aura donc vendu quatre porte-conteneurs pour un total de 53,4 M$ avant commissions et acquis quatre Aframax pour un prix d'achat brut global de 112 M$. Forte de sa trésorerie de 38 M$, avec la vente, Performance Shipping a indiqué, par la voix d’Andreas Michalopoulos, directeur général adjoint et directeur financier de Performance Shipping, que l'entreprise envisageait des acquisitions. « Cela nous permettra de saisir des opportunités de croissance visant à accroître notre présence sur le marché des aframax et à nous rapprocher de notre objectif de devenir une société pétrolière leader cotée en bourse ».

Un aframax affrété à 28 000$/j

Le 30 juillet, Performance Shipping a annoncé avoir réalisé un bénéfice net de 4,6 M$ pour le deuxième trimestre 2020, contre une perte nette de 1,6 M$ pour la même période en 2019. Les revenus de l'affrètement au voyage et à temps se sont élevés à 16 M$ (11,8 M$ nets des frais de voyage) contre 4,5 M$ en juin 2019. Cette augmentation est principalement attribuable à l'augmentation des taux d'affrètement à temps équivalent (TCE) des aframax. Pour l'ensemble de la flotte, le taux moyen d'affrètement à temps équivalent a été 26 092 $, contre un taux moyen de 11 599 $ en 2019. Quant au bénéfice net semestriel, clos le 30 juin 2020, il s'est élevé à 5,9 M$, contre une perte nette de 1,7 M$ un an plus tôt.

L’armateur a notamment profité de l’engouement pour les pétroliers ces trois derniers mois. « Nous avons notamment obtenu un contrat d'affrètement à temps de 17 mois minimum à 19 mois maximum pour notre M/T Blue Moon à 28 000 $/j, expliquait alors Andreas Michalopoulos. Comme anticipé, le marché de l'affrètement de pétroliers s'est ensuite affaibli en raison de la baisse de la demande et de la diminution de l'offre due à la réduction de la production par l'OPEP et à l'aplatissement de la courbe des prix du pétrole. Nous pensons que le marché des pétroliers va se redresser cet hiver et nous serons prêts à profiter de cette éventuelle reprise si elle se produit".

Le propriétaire se refuse aux projections. « L'ampleur de l'impact de la pandémie sur les résultats d'exploitation et la situation financière de la société dépendra des évolutions, par nature imprévisibles, que ce soit la gravité et la durée du virus ou les actions pour contenir ou traiter une éventuelle seconde vague », justifie le dirigeant, qui ne cache pas ses craintes quant à des restrictions supplémentaires ou maintenues sur une durée prolongée.

Adeline Descamps

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