L’annonce du premier ministre Édouard Philippe ce 11 décembre n’a pas fait descendre la pression. Après le mouvement national du 5 décembre, la contestation en France se poursuit. Dans les ports français, la Fédération nationale des Ports et Docks CGT, syndicat majoritaire, dit rester mobilisée après l’arrêt de travail de 24 H le 5 décembre. Les heures supplémentaires et les shifts exceptionnels sont supprimés depuis mardi 9 décembre.

A Marseille-Fos, l’accès de la porte 2C est totalement bloqué depuis hier après-midi perturbant les activités roll et voyageurs contraints de faire demi-tour face à d’impressionnants braseros allumés devant un tas de charbon et des véhicules retournés et taggués. Un piquet de grève baptisé les « Barricades du port » a même  été installé.

Dans haut lieu de lutte, les cégétistes se relaient nuit et jour. Au sein de l’établissement portuaire, les agents ont voté la grève reconductible. « Nous sommes en grève par service. Ce week end, les activités croisière, voyageurs, réparation navale seront à l’arrêt. A compter de vendredi nous allons trouver des modes d’action pour empêcher les pétroliers de décharger à Fluxel. Tout le monde se prépare à faire grève demain et à suivre le mot d’ordre de la FNPD, "ports morts" », prévient Pascal Galeoté, secrétaire général de la CGT du port de Marseille-Fos.

La FNPD doit réunir ses instances le 18 décembre prochain « afin d’envisager l’amplification des modalités d’action ». La CGT dénonce les conséquences de la réforme des retraites qui retarde l’âge légal de départ et instaure des points. Selon le représentant local, les annonces d’Édouard Philippe ne sont pas claires et « le premier ministre fait semblant de jouer l’ouverture ».

En prévision du mouvement de grève, l’Aida Nova qui devait faire escale ce soir à Marseille a été détourné. Selon certaines sources, le port de Marseille pourrait être totalement bloqué demain toute la journée. 

N.B.C