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Édito : Sic transit virus mundi

L’ennui avec les ennuis, c’est leur viralité. Ces oiseaux migrateurs voyagent rarement seuls. Les snipers agissent en bandes organisées. Ils s’amoncellent comme le limon dans les dépôts alluviaux. Rompus à composer avec les curieux mouvements pendulaires de la navigation, le transport maritime vient de se prendre une vague scélérate, un mur d’eau dont la longueur d’onde est encore difficilement perceptible. Il sortait, à peine indemne, d’une année en « tohu-chahut ».

Passe encore le protectionnisme qui a trouvé un nouvel emploi dans les convictions politiques de chefs d’État arrivés au pouvoir ces dernières années. Passe encore le sens peu « commerçant » des deux premières puissances économiques de la planète qui, réarmant l’échange commercial punitif, ont reconfiguré les chaînes d’approvisionnement et restructuré des routes maritimes établies.

Passe encore les foucades d’un président apprenti-sorcier, qui en sabordant sur la scène internationale le pays des Mollahs, a rallumé les gardiens de la révolution islamique et fait d’Ormuz un détroit inhospitalier où les mines s’accrochent aux coques et les navires marchands transitent sous escorte de frégates. Passe encore les envies d’indépendance d’un enfant gâté à l’égard de la mère-patrie européenne, qui a placé sous séquestre un pan de l’économie portuaire et hypothéqué la dynamique du ferry et du roulier. Passe encore les feux de joie organisés dans les grands ports maritimes français, qui ont fait mettre un genou à terre à l’économie hexagonale.

Voilà qu’une pneumonie virale met au chômage technique un géant planétaire et fait chavirer une production mondiale sous amphétamines du premier importateur mondial de matières premières et destinataire des exportations d’une trentaine de pays. Une opportunité trop tentante que d’aucuns saisissent pour hisser les drapeaux indignés quant à l’influence acquise par le pays de Xi Jinping. Ce dont s’émeut aussi le transport maritime. Mais sans doute pas pour des questions de souveraineté économique. Le potentiel cran d’arrêt mis à l’une des routes maritimes les plus fréquentées doit les affoler davantage.

Adeline Descamps

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