Le MSC Madhu B a accosté ce 29 août à La Réunion. Il s'agit pour le port ultramarin d'un record et pour MSC de tester son futur service, exploité en commun avec CMA CGM.

Ce jeudi 29 août 2019, le plus gros porte-conteneurs (330 m de long, 48,2 m de large et 14,4 m de tirant d'eau) jamais accueilli à la Réunion a accosté port Est à 18.00 (heure locale), sa destination finale alors que le porte-conteneurs d'une capacité de 12 236 EVP arrivait de Durban et était parti d'Afrique du Sud le 3 août. Construit en 2017, battant pavillon portugais, il présente des dimensions proches des maximales acceptables par l'infrastructure portuaire, plus familière des navires de 6 500-7 500 EVP.

Il s’agit en l’occurrence d’une escale technique qui doit permettre au n°2 mondial du transport conteneurisé de tester son futur service New Nemo / Australia Express, qu’il déploiera en coopération avec CMA-CGM. Dès la 2e quinzaine du mois d’octobre, la rotation reliera l'Europe du Nord et la Méditerranée à l'océan Indien et à l'Australie dans le sens Nord-Sud et l'Australie à l'Asie du Sud-Est, au sous-continent indien et à l'Europe dans l'autre sens. Une boucle opérée avec des navires de 9 500 EVP.

Intérêts 

La Réunion fait partie des ports d’Outre-Mer qui suscitent le plus d’intérêt de la part des armateurs cherchant à structurer leurs lignes sur une route maritime, à la charnière entre océans Indien et Atlantique, parmi les plus stratégiques depuis l’accélération des échanges entre l’Asie et l’Afrique.

Et le port réunionnais a réalisé ces dernières années d’importants investissements pour être une alternative de transbordement crédible, face à la concurrence des ports sud-africains qui irriguent en profondeur de vastes arrière-pays, à l’image de Richards Bay, Durban et Ngqura. Mais ces derniers restent handicapés par leur congestion, leur faible disponibilité foncière et leurs carences de productivité, incompatibles avec les fonctions de transbordement. Ce qui nourrit les ambitions de ports voisins.

Pour rappel, à La Réunion, quelque140 M€ ont été fléchés entre 2014 et 2018 vers la conteneurisation sur le site de Pointe-des-Galets. Un terminal à conteneurs modernisé a été livré en 2016 offrant au bassin Est un tirant d’eau à 14,5 m. Un linéaire de quais allongé (de 400 à 640 m) et trois portiques pour des super panamax... permettent désormais de traiter des navires de 9 000 EVP, ceux qui colonisent en effet les lignes régionales.

Cap des 300 000 boîtes dépassé en 2017

Ces investissements lui ont permis de dépasser le cap des 300 000 boîtes traitées dès 2017 (332 754 EVP dont 88 300 EVP en transbordement). Malgré une baisse de trafic de 1 % en 2018, due à la quinzaine de jours de blocage du fait des manifestations des Gilets jaunes en fin d’année, le GPM de la Réunion a néanmoins engrangé un trafic de 5,5 Mt, son deuxième meilleur tonnage des 10 dernières années. Principal trafic, représentant 56 % du tonnage, les conteneurs (335 349 EVP ) ont progressé de 1 %, malgré la baisse de 1 % des pleins (145 858 EVP) et celle de 6 % du transbordement (82 621 EVP), l’activité s’étant reportée sur d’autres ports pendant le blocage. 

Ces résultats, qui légitiment la stratégie opérée par les autorités portuaires, doivent aussi être partagés avec CMA CGM. L'armateur français a choisi de faire de l’île française sa plateforme régionale de transbordement, opérant plusieurs services océaniques hebdomadaires incluant La Réunion, au départ de l’Europe, du Moyen-Orient, de l’Asie du Sud-Est et de Chine.

À La Réunion, un des principaux enjeux économiques, comme pour les autres départements et collectivités d’Outre-mer, est l'équilibre à trouver entre les exportations et les importations. Les productions de l’industrie sucrière restent aujourd’hui les principaux et exclusifs débouchés à l’export du département français.

A.D.

 

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