MSC Grandiosa au départ de Saint-Nazaire le 31 octobre ©Hubert Langlois

 

Les Chantiers de l'Atlantique ont organisé la cérémonie de coupe d'acier pour le MSC Europa, propulsé au GNL, en même temps que la livraison du MSC Grandiosa. 

Alors que la Commission européenne annonçait l'ouverture d'une enquête approfondie sur le rachat des Chantiers de l'Atlantique par l'italien Fincantieri et se donnait jusqu'au 17 mars 2020 pour prendre une décision, les chantiers français organisaient le 31 octobre deux événements simultanément, la livraison du MSC Grandiosa, un nouveau géant de 331 m de long et 67 m, qui suit de quelques mois celle du MSC Bellissima, livré en février. Le MSC Grandiosa est le 15e paquebot construit pour MSC Cruises par les Chantiers de l'Atlantique, a indiqué Gianluigi Aponte, fondateur et président exécutif du groupe MSC, lors de la cérémonie de bénédiction du navire. Six autres unités de la compagnie italo-suisse doivent encore sortir des cales du site de St-Nazaire. Le paquebot, qui peut accueillir 6 334 passagers et 1 704 membres d'équipage, a rejoint Le Havre avant de prendre la mer vers la ville allemande de Hambourg, où il sera inauguré.

La cérémonie de livraison avait été précédée dans la matinée par la découpe de la pre- mière tôle du MSC Europa de la série World Class (2 632 cabines pour une capacité d’accueil de 6 761 personnes et 2 139 membres d’équipage). Ce navire de 333 m de long et 46 m de large, qui doit être livré en mai 2022, sera le premier paquebot propulsé au GNL construit en France, selon MSC. Il sera équipé d’un « démonstrateur d’un nouveau type de pile à combustible » développé par CEA Tech. Cette pile à oxyde solide (Solid Oxide Fuel Cell - SOFC), capable de produire électricité et chaleur, permettrait de réduire de l’ordre de 30 % l’émission de GES par rapport au moteur classique dual fuel alimenté au GNL, sans rejeter ni oxydes d’azote et de soufre, ni particules fines. De plus, elle offre l’avantage d’être compatible avec de nombreux combustibles (GNL/méthane, méthanol, ammoniac, hydrogène, etc.). La technologie sera éprouvée sur le MSC Europe, mais pas tout à fait en conditions réelles puisque sur le démonstrateur sera une unité de 50 kW, loin de la centaine de MW sollicité par un paquebot de cette taille. L’expérimentation a bénéficié de fonds du Programme des Investissements d’Avenir (PIA), piloté par L’Ademe. Il est la première des cinq nouvelles unités commandées au constructeur français entre 2017 et 2018.

La rédaction

Photo de Hubert Langlois