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Après China Merchants et Alibaba, voici Cosco et Alibaba. La blockchain génère des coopérations stratégiques entre acteurs industriels et poids lourds des technologies.

Les alliances stratégiques se structurent. Quelques semaines après que l’opérateur portuaire émirati DP World a rejoint TradeLens, la plateforme de blockchain créée par Maersk et IBM en 2018, quelques jours après l’association du puissant manutentionnaire chinois et d’Alibaba, voici que le géant chinois du transport maritime de conteneurs passe un pacte avec l’équivalent asiatique d’Amazon.

Au cœur des enjeux, la blockchain. De toutes les technologies accessibles, elle est celle qui offre un grand potentiel pour les opérations portuaires et maritimes, notamment parce qu’elle permet de partager quantité de données en temps réel, capital pour la traçabilité des marchandises et non accessoire pour un secteur où qui fait intervenir de très nombreuses parties prenantes, et de numériser toutes les étapes des opérations de fret. Libérés des contraintes opérationnelles, les opérateurs peuvent se concentrer sur la création de valeur. La mue digitale est en cours et s’est même accélérée ces dernières semaines à la faveur de la crise sanitaire.

China Merchants Port s'allie à Alibaba

Celle entre China Merchants Port, qui exploite 41 ports en Chine et 25 à l’international, Alibaba et Ant Financial, entend allier « l'expertise des ports, de la technologie et des finances ». Celle de Cosco avec Alibaba et sa filiale vise à « développer des applications numérisées dans le transport, la logistique et la finance et ainsi, de permettre l’interconnexion des flux de marchandises, d’informations, financiers ». Ce qui ne dit pas grand chose dans la mesure où la raison d’être de la blockchain est précisément de permettre aux acheteurs et aux vendeurs d'effectuer des transactions d'exportation et d'importation numérisées, sécurisées, sans contact et sans intermédiaire. La plateforme, développée par Ant Financial, offre la capacité de traiter jusqu'à un milliard de transactions par jour et de prendre en charge un milliard d'utilisateurs, indique la société chinoise.

Digitalisation et automatisation, des destins portuaires liés ?

Concurrent sérieux pour Tradelens

« Cette collaboration indique au monde du transport maritime que les changements fondamentaux apportés par la technologie sont imminents. Dans un avenir proche, les propriétaires de cargaisons achèveront probablement l'ensemble du processus de transport maritime sans remarquer l'existence des compagnies maritimes », a déclaré Zhang Jieshu, secrétaire général adjoint de l'Institut international de la marine marchande de Shanghai, cité dans le communiqué.

Cosco est par ailleurs à l’origine de la Global Shipping Business Network (GSBN), une association à but non lucratif qui vise numériser les opérations de la chaîne d'approvisionnement et à interconnecter les transporteurs, les opérateurs de terminaux, les agences douanières, les expéditeurs et les fournisseurs de services logistiques.

Cet accord entre acteurs industriels et poids lourds de la technologie est un concurrent sérieux pour TradeLens.

A.D.