L’opérateur portuaire émirati a annoncé qu’il rejoignait la plateforme de blockchain créée par Maersk et IBM. Pour rappel, la blockchain est une technologie décentralisée, qui permet de partager des données en temps réel et d’effectuer des échanges et transactions sans intermédiaires et en toute sécurité. 

Après CMA CGM, MSC, Hapag-Lloyd et Ocean Network Express (One), qui ont rejoint ces derniers mois la plateforme de blockchain, initiée en 2017 par IBM et A.P. Moller – Maersk, c’est au tour de l’opérateur portuaire émirati de rallier la communauté. TradeLens, à laquelle ont déjà adhéré plus de 110 ports et terminaux, 15 autorités douanières et de gros chargeurs, revendique offrir une visibilité sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, de la réservation au dédouanement en passant par les paiements. Avec l'engagement de CMA CGM, MSC, Maersk, PIL, One…, les données de la moitié du fret maritime mondial par conteneurs ont ainsi été rendus disponibles sur TradeLens.

« Étendre les capacités de nos plateformes numériques »

DP World s’engage à connecter l'ensemble de ses 82 terminaux à conteneurs (71,2 MEVP manutentionnés en 2019, 70 000 navires traités) ainsi que l’ensemble de ses activités. « Notre décision de rejoindre TradeLens est motivée par notre vision d'une logistique intelligente, réduisant les coûts et créant de la valeur. En collaborant avec TradeLens, nous allons améliorer l'efficacité opérationnelle grâce à une visibilité sur les flux de conteneurs en amont et en aval du port. La modernisation des processus par lesquels la logistique opère est essentielle pour construire des chaînes d'approvisionnement plus solides et plus efficaces. Elle permettra également d'étendre les capacités de nos plateformes numériques. L'Alliance DF, SeaRates, LandRates et AirRates permettent déjà aux expéditeurs de transporter des marchandises de et vers n'importe quel endroit en un clic de souris, à travers le réseau de DP World et au-delà », a déclaré Sultan Ahmed Bin Sulayem, PDG de DP World.

Le manutentionnaire a déjà connecté le port de Cochin (Inde) à la plateforme TradeLens via la technologie API. Des projets de collaboration avec certaines de ses filiales ont également été lancés, comme avec Unifeeder, la compagnie de feeders européenne acquise par DP World en 2018.

Numérisation, cri de ralliement

Tous les transporteurs expérimentent tour à tour la blockchain. L'armement singapourien PIL avait réalisé avec succès un connaissement électronique (e-BL) via TradeLens. Zim a de son côté également expérimenté un connaissement numérique basé sur la technologie du blockchain, mais en s’appuyant sur l’application gratuite développée par la société Wave.

Les transporteurs sont également engagés dans la Digital Container Shipping Association, selon laquelle 4 Md$ par an pourraient être économisés d'ici 2030 grâce aux connaissements électroniques. Créée en avril à Amsterdam par Maersk, MSC, Hapag-Lloyd et Ocean Network Express (One), soit 44 % de la capacité mondiale, elle se donne pour objet de lever les verrous à la digitalisation du fret maritime en mettant en œuvre une interopérabilité via l’établissement de normes communes pour les interfaces et les données techniques.

A.D.

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