©DR

Selon le dernier rapport Global Container Terminal Operators Annual Review and Forecast, la croissance de la capacité mondiale des terminaux à conteneurs semble avoir atteint une certaine maturité. De façon plus conjoncturelle, Drewry estime que les investissements dans les terminaux vont aussi être reconsidérés à l’​aune de la crise.

La capacité mondiale des terminaux à conteneurs va ralentir au cours des cinq prochaines années, en naviguant à un taux annuel moyen de 2,1 %, ce qui équivaut à 25 MEVP supplémentaires par an. C’est du moins ce que soutient Drewry dans ses dernières prospectives. Cette évolution, si elle s’avérait, serait bien inférieure à la croissance de la capacité observée au cours de la dernière décennie, lorsque l'augmentation annuelle moyenne était de plus de 40 MEVP par an. Le volume portuaire traité devrait augmenter à un taux annuel moyen de 3,5 % dans les cinq années à venir, passant de 801 MEVP en 2019 à 951 MEVP en 2024.

Le rapport révèle aussi d’autres changements plus structurels. La crise sanitaire rendrait manutentionnaires et autorités portuaires plus frileux quant aux investissements. Du moins, ils envisagent dans un premier temps de revoir les projets à la lumière du ralentissement drastique de la croissance économique et des perspectives incertaines à court et moyen terme.

Désinvestissement des actifs non essentiels 

« Les chantiers de développement et/ou de nouveaux sites qui sont déjà en cours de construction et dont la mise en service est prévue pour 2020 et 2021 pourraient connaître des retards en raison des aléas du premier semestre de 2020. Mais pour les projets qui sont actuellement au stade de la planification, notamment lorsque les contrats de construction et les commandes d'équipement n'ont pas encore fait l'objet d'un appel d'offres, la suspension ou l'annulation est plus probable si les conditions du marché restent mauvaises », poursuit le consultant de Drewry.

Ces dernières années, les opérateurs mondiaux ont déjà réduit leurs plans d'investissement, et seuls quelques projets de construction de nouveaux sites sont en cours, indique le rapport. Toutefois, l’automatisation des terminaux semblent toujours avoir être considérée comme une priorité. Actuellement, plus des trois quarts des terminaux automatisés sont exploités par des opérateurs mondiaux et internationaux et ceux-ci sont à l’initiative sur 80 % des 22 projets de terminaux automatisés actuellement prévus (y compris les nouveaux sites et les sites existants).

En 2019, le désinvestissement des actifs non essentiels et les retombées de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ont eu un impact sur les volumes des opérateurs de terminaux.

A.D.