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Après six à huit mois d’euphorie, les taux des super tankers ont chuté brutalement. Pour les analystes, la raison est simple : « trop de navires et pas assez de cargaisons ». 

Les tarifs des très gros transporteurs de brut (VLCC, des pétroliers qui transportent 2 millions de barils de brut) du Golfe du Moyen-Orient vers l'Asie sont tombés à 20 000 dollars par jour le 24 juin, la moyenne mondiale étant évaluée à 26 537 dollars par jour par le courtier Howe Robinson. Les taux actuels représentent moins d'un dixième du record de 250 000 $/j atteint en mars et sont inférieurs aux 28 000 $/j à la même époque l'année dernière. Le prix journalier d’un suezmax (pétroliers qui transportent 1 million de barils) s’établit à seulement 9 700 $/j , tandis que les aframax (750 000 barils) plafonnent à 8 200 $/j, selon Clarksons Platou Securities. Soit leur niveau le plus bas depuis plusieurs années. Selon les courtiers, les perspectives pour toutes les catégories de pétroliers restent négatives.

« La forte concurrence entre les propriétaires de VLCC dans le Golfe du Moyen-Orient exerce une pression à la baisse sur les taux, indique Clarksons Platou Securities. Les affréteurs sont désormais aux commandes. Avec autant de propriétaires qui font des offres sur les mêmes cargaisons, il suffit qu'un seul propriétaire commence à paniquer pour faire plonger les tarifs. »

Début du déstockage flottant

Les taux des pétroliers sont en baisse en raison de la faiblesse saisonnière, des réductions de production OPEP+ et du début du déstockage des cargaisons de stockage flottant. Selon les analystes, les VLCC se sont bien mieux tenus que les pétroliers de taille moyenne, dans la perspective des sanctions imposées au Venezuela et en partie en raison de la congestion des ports chinois. « Il semble maintenant que le Venezuela ne sera pas le prochain Cosco [en référence aux sanctions américaines contre le géant asiatique en 2019] et que la congestion des ports chinois finira par se résorber. »

Pour les mois à venir, les courtiers s’accordent pour prévoir des taux relativement stables - mais toujours supérieurs à 20 000 $/j - en juillet et août, avant une forte hausse au quatrième trimestre. Foi de courtiers, au cours de 18 des 20 dernières années, les taux auraient toujours atteint leur niveau le plus bas en été avant de rebondir au quatrième trimestre.

La rédaction