L'explosion survenue sur le chantier de recyclage de Mahinur Ship Recycling à Chittagong au Bangladesh a causé la mort deux personnes et blessé gravement cinq employés, selon l’ONG Shipbreaking Platform, qui a fait du démantèlement « sauvage » de navires, sans égards pour la protection des employés et de l'environnement, une de ses spécialités.

Vers 8 h 30, un incendie s'est déclaré à bord du navire Bunga Kelana 4, propriété de la compagnie maritime malaisienne AET Tankers (filiale à 100 % de MISC, une grande compagnie malaisienne de logistique cotée à la bourse). Les flammes se seraient propagées à partir d'huiles usagées abandonnées situées près de la salle des machines où les travailleurs coupaient au chalumeau des pièces en acier. 

Un jeune homme de 25 ans, a perdu la vie dans l'accident. Le corps d'un autre employé a été retrouvé sur le navire plusieurs heures après l'explosion. Cinq autres travailleurs, âgés de 19 à 30 ans, ont subi de graves brûlures et sont actuellement soignés à l'hôpital du Chattogram Medical College. L'état de l'un d'eux est extrêmement critique. 

Selon l'ONG, « les images vidéo de l'accident montrent des travailleurs aux pieds nus sans équipement de protection en train de porter les blessés ». L'organisation bangladaise OSHE, membre de l'ONG Shipbreaking Platform, rapporte que la mort d'un travailleu a été dissimulée dans le même chantier il y a quelques jours seulement.

Le Bunga Kelana 4 serait échoué sur la plage de Mahinur Ship Breaking depuis six mois. En 2018, AET Tankers a vendu quatre navires à la démolition sur les plages d'Asie du Sud. Trois d'entre eux se sont retrouvés au Bangladesh, un a été échoué le long des côtes indiennes, établit l'ONG qui traque également les dépavillonnements au cours du dernier voyage. Ce qui serait le cas du navire incriminé. « Le pavillon malaisien a été remplacé par celui des Comores. L'utilisation de pavillons figurant sur des listes noires et grises (Comores, les Palaos et Saint-Kitts-et-Nevis...), rend très difficile pour les autorités de retrouver les propriétaires de navires ».

Cet événement fait suite à un autre survenu en février, deux travailleurs ayant été tués par un incendie à bord d'un pétrolier appartenant à Greek Polembros Shipping. « Hier encore, poursuit l'ONG, il a été révélé qu'une autre société de démantèlement de navires, BBC Ship Breaking, avait reçu l'autorisation des autorités locales de détruire une mangrove protégée afin d'établir un nouveau chantier. Suite au dépôt d'une plainte par l'organisation membre de la Plate-forme BELA, la Haute cour a imposé une suspension de six mois du contrat de bail et a demandé aux autorités locales d'expliquer pourquoi elles ignorent de manière flagrante les lois nationales de protection forestière. En 2009, 14 000 palétuviers ont été illégalement coupés pour étendre les activités de démantèlement de navires à Chittagong », dénonce Shipbreaking Platform.

La rédaction