Constance Maréchal-Dereu, à la tête de France Logistique depuis le 1er juin ©DR

 

Créée le 8 janvier dernier, l’association représentative de la filière logistique vient de recruter Constance Maréchal-Dereu à la direction générale. La polytechnicienne avait été co-rapporteure du rapport de Patrick Daher et d’Eric Hémar qui militait pour la création de cette structure à la gouvernance commune public-privé. 
 

Ce n’était peut-être pas un profil X qui était attendu à la tête de l’association, issue des recommandations du rapport Daher/Hémar et désormais le porte-voix de la filière logistique auprès des pouvoirs publics. Âgée de 35 ans, ingénieure en chef des ponts, des eaux et des forêts, l’inspectrice des finances avait été co-rapporteure des propositions qui avaient été remises au Premier ministre en septembre dernier.

Chargée de mission à la direction Qualité du groupe Danone, entre 2008 et 2009, elle a rejoint ensuite la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) comme adjointe au chef du bureau des marchés des produits d’origine végétale et des boissons sur les questions de relations commerciales. Après quatre ans au bureau de la réglementation des produits à la direction générale des entreprises à Bercy, elle a été nommée adjointe au sous-directeur de l’aquaculture et de l’économie des pêches.

En poste depuis le 1er juin dernier, sa première tâche sera de plancher sur la feuille de route de la filière (10 % du PIB et 1,8 millions d’emplois) pour accompagner la reprise et conformément au profil du poste, de veiller à la mise en œuvre des décisions gouvernementales, notamment dans la perspective de la loi de finances pour 2021.

Aligner la compétitivité de la logistique européenne sur celle de ses pairs européens

Le ministère des Transports avait confié en février dernier une mission « quick win » à Éric Hémar et Patrick Daher. Les deux chefs d’entreprises à l’origine de deux succès « à la française », ID Logistics et Daher, avaient pour mission d’identifier les axes d’amélioration de la compétitivité logistique de façon à l’aligner sur celles de nos voisins européens.

La quête ou restauration de la compétitivité est d’ailleurs l’un des champs d’action de la structure et cela passe notamment par un « passage des frontières simplifié, une fiscalité foncière plus prévisible, un délai d’implantation des entrepôts raccourci…». Parmi les autres priorités : la transition énergétique (accompagnement des flottes de transporteurs vers des motorisations décarbonées, création d’un écolabel logistique encourageant la réduction des émissions de gaz à effet de serre et les entrepôts logistiques économes) ; l’attractivité (évolution des métiers et des compétences, notamment au travers de la définition d’une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences qui doit être mise en place en 2021) ; l’émergence de nouveaux modes d’organisation de la logistique urbaine et la participation à la planification logistique du territoire (dans une vision de long terme, mise en place de nouveaux schémas logistiques définis à l’échelle du territoire en concertation avec les pouvoirs publics). 

Une structure fédérative

Pour rappel, France Logistique, présidée par Anne-Marie Idrac (secrétaire d’État au commerce extérieur sous Nicolas Sarkozy et aux transports sous Jacques Chirac) fédère l’ensemble des fédérations professionnelles (FNTR, TLF/TLF Overseas, OTRE, CGI, AFILOG et AUTF) et les entreprises du secteur.

Dans son organisation, un comité exécutif réunit la plateforme France Logistique, la DGITM (direction générale des infrastructures, des transports et de la mer) et la DGE (Direction générale des entreprises), représentées par un chargé de mission ad hoc. Ce comex logistique mixte public/privé est chargé de définir les actions prioritaires pour l’ensemble de la filière et de préparer les Comités interministériels de la logistique (CILOG) au cours desquels seront arrêtées les décisions du gouvernement, deux fois par an.

Les instances de l’association se composent d’un conseil d’administration constitué à parité d’un collège des fédérations professionnelles et d’un collège d’entreprises de six membres chacun, épaulé par un conseil scientifique (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux IFSTTARI ; Centre de recherches sur le transport et la logistique CRET LOG ; Comité national routier CNR ; Association pour le développement de la formation professionnelle transport et logistique AFT), dont les travaux alimenteront la plateforme. France Industrie, la Fédération du commerce et de la distribution, la Confédération française du commerce de gros et International et la Fédération du e-­commerce et de la vente à distance y participent. 

La rédaction
 

*Pour une chaîne logistique plus compétitive au service des entreprises et du développement durable

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