Dans son dernier Short-Term Energy Outlook, l’EIA américaine révise ses prévisions concernant l’évolution de la production pétrolière des États-Unis.

Selon les dernières prévisions de l’Energy Information Administration, la production américaine de pétrole brut pourrait en moyenne avoisiner 11,7 millions de barils par jour (Mbj) durant l’année 2020, contre 12,2 Mbj en 2019. La chute pourrait s’accentuer en 2021 avec un niveau de production attendu de 10,9 Mbj. Ce serait alors la plus forte chute annuelle de production jamais enregistrée aux États-Unis.

Dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, l’offre excédentaire de pétrole sur les marchés face à une demande en chute libre a provoqué un effondrement des prix. Aux États-Unis, le cours du baril de WTI (brut de référence américain) a chuté de moitié entre janvier (58 $/baril) et mars (29 $/baril) et a même atteint des niveaux négatifs fin avril (-37,63 $/b à la clôture le 20 avril), notamment en raison des contraintes de stockage à terre pour absorber les surplus. Si bien que les négociants se sont rués sur les tankers, exploités en tant qu’unités de stockage, de façon à pouvoir acheter du pétrole à bas prix en vue de le revendre une fois les conditions de marché meilleurs.

Dans ce contexte, de nombreux producteurs américains de pétrole ont mis un coup de frein sur les investissements dans le forage et l’exploration : le nombre de « rigs » actifs (engins de forage) a chuté aux États-Unis de 735 en février  à 355 au 8 mai dernier, selon les dernières données de Baker Hughes. Sur la base d’une reprise économique progressive et d’un rééquilibrage entre offre et demande de pétrole, l’EIA mise sur une remontée des cours du pétrole d’ici la fin d’année et en 2021. La trajectoire de ces prix au cours des prochains trimestres dépendra en partie de « la mesure dans laquelle l’industrie américaine du schiste réagira à la faiblesse des cours », précise l’EIA.

La rédaction