L'Arabie saoudite a montré à la presse l'étendue des dégâts sur ses installations pétrolières, dont les attaques ont été revendiquées par les rebelles yéménites Houthis, soutenus politiquement par Téhéran alors qu'elles ont été attribuées par les États-Unis à l'Iran, qui nie toute responsabilité.

L'installation de Khurais, dans l'est du royaume, a été frappée quatre fois et des incendies y ont fait rage cinq heures durant, a déclaré devant la presse un responsable du géant pétrolier saoudien Aramco, ce qui a contribué à la réduction de moitié de la production et entraîné une flambée des prix. La visite a été organisée au lendemain d'une tournée dans la région du secrétaire d'État américain Mike Pompeo, qui a répété qu'il privilégiait une « solution pacifique » avec l'Iran. 

Selon les autorités saoudiennes, 18 drones et sept missiles de croisière ont été utilisés dans ces attaques. Malgré l'ampleur des dégâts, Aramco demeure optimiste quant au rétablissement complet de sa production d'ici la fin septembre. « En moins de 24 heures, 30 % de l'usine était opérationnel. La production sera au même niveau qu'avant l'attaque d'ici la fin du mois », assure la direction d'Aramco. Selon la publication spécialisée du groupe Energy Intelligence, certaines réparations nécessiteraient « plusieurs semaines ».

Au même moment, les rebelles Houthis du Yémen ont accusé la coalition dirigée par Ryad d'une « grave escalade à Hodeida, de nature à dynamiter l'accord » conclu en décembre à Stockholm sur une trêve et un redéploiement des forces dans cette ville portuaire stratégique de l'ouest du pays. Cette accusation a été formulée au lendemain de frappes annoncées par la coalition qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir les forces progouvernementales. Les Houthis continuent d'occuper le port de Hodeida en dépit d'un accord parrainé par l'ONU et signé en décembre 2018, prévoyant de céder le contrôle de cette installation à des forces neutres et un redéploiement des forces rebelles et pro-gouvernementales autour de la ville.

La rédacion