Pour enrayer sa désaffection, l’infrastructure égyptienne, qui permet de relier plus rapidement l’Asie et l’Europe, a décidé de prolonger les ristournes qu’elle avait consenties début mai. L’érosion des passages ne s’est pas pour autant tarie.

Les réductions accordées aux vraquiers et aux navires-citernes dans le canal de Suez, initialement prévues jusqu’au 30 juin, seront étendues au reste de l'année. Les rabais s'appliquent également aux navires de transport de GNL et de GPL. Ils visent à limiter la fuite des navires qui empruntent la route la plus longue au sud de l'Afrique pour économiser sur les péages. Un phénomène rendu possible par la baisse des prix du carburant.

L'Autorité du canal de Suez (SCA) avait accordé le 30 mars une réduction de 6 % sur les droits de passage pour les navires en provenance d'Europe du Nord et de Méditerranée vers les destinations asiatiques, mais la première salve de rabais se révélant insuffisante pour endiguer la désertion de la clientèle, elle avait accordé de nouvelles ristournes, allant jusqu'à 75 %, pour les unités se dirigeant vers l'Est à partir de la côte est de l'Amérique du Nord. Les navires transportant du vrac liquide en direction de l'Asie à partir de l'Algérie, de Tanger et de l'Europe du Nord bénéficient d'une réduction de 17 % tandis que ceux vers le nord-ouest de l'Europe ont droit à un rabais plus modeste de 6 %. 

Canal de Suez : les porte-conteneurs ont déserté mais pas les tankers

Au 26 mai, 15 navires, partis d'Europe et d'Amérique du Nord en mai, avaient emprunté la route du Cap. Cela porte à 32 le nombre total de porte-conteneurs déroutés depuis le mois de mars de cette année, selon Alphaliner, qui estimait que le gestionnaire du canal avait alors perdu 10 M$ en mai. Autre effet, la demande accrue de fioul à faible teneur en soufre, combinée à la guerre des prix du pétrole, ont fait monter en flèche l'activité de la flotte de pétroliers qui, elle, n’a pas déserté l’isthme égyptien, à en juger les dernières données délivrées

A.D. 

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