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Dans un courrier adressé à Virginijus Sinkevičius, le commissaire européen chargé de l'Environnement, des Océans et de la pêche, huit associations d’armateurs demandent un report du règlement de l'Union européenne sur les matières dangereuses.

À partir du 31 décembre, les navires de jauge brute UMS supérieure à 500 faisant escale dans un port de l’Union européenne ou battant pavillon d'un État membre de l'UE devront avoir à bord un inventaire des matériaux potentiellement dangereux présents à bord, connu sous l’acronyme IHM, pour Inventory of Hazardous Materials. Prévu par un règlement européen de 2013, cet inventaire satisfait par avance aux exigences de la convention de Hong-Kong sur le recyclage des navires en fin de vie.

Le peu d’anticipation des propriétaires de navires vis-à-vis cette échéance et les opérations perturbées par les mesures de confinement, qui ont concerné la plupart des pays, ne permettront pas d’assurer la conformité dans les temps. 

Flambée des prix des prestations

Bimco, Intertanko, Intercargo et des associations d'armateurs européens et asiatiques figurent parmi les huit signataires du courrier adressé au commissaire européen pour demander un délai de 12 mois. Ils invoquant notamment le retard pris par les régulateurs pour fixer la méthodologie et la crise sanitaire qui a empêché aux personnels spécialisés chargés des inspections d’accéder aux navires. Les armateurs redoutent aussi la flambée des prix des prestations, les capacités étant mobilisées sur les inspections légales requises (sûreté, environnement, formation).

Selon le cabinet d'avocats Watson Farley & Williams, cité par un média anglais, près d'un tiers des 35 000 navires qui devront se conformer au règlement de l'UE d'ici la fin de l'année n'auraient pas encore commencé le travail nécessaire pour préparer et faire certifier un IHM. 

Dans un entretien au JMM en décembre 2019, Cédric Gilbin, directeur des opérations de Citae, une société certifiée par Lloyd’s Register pour l’inventaire des matériaux dangereux IHM, alertait déjà que « la fin de l’année 2020 risquait de connaître un pic d’activité car certains armateurs sont mal préparés à l’application de la nouvelle réglementation ». Et ce, bien avant le Covid...

A.D.