Selon la Digital Container Shipping Association, le secteur du transport maritime de conteneurs pourrait économiser des milliards de dollars par an d'ici 2030 grâce aux connaissements électroniques.

Créée en avril 2019 à Amsterdam par Maersk, MSC, Hapag-Lloyd et One, soit 44 % de la capacité mondiale, rejoints ensuite par CMA CGM, Evergreen, Hyundai Merchant Marine, Yang Ming et ZIM, la Digital Container Shipping Association (DCSA) s’est donné pour objet de lever les verrous à la digitalisation du fret maritime en mettant en œuvre une interopérabilité via l’établissement de normes communes pour les interfaces et les données techniques en open source.

« La numérisation de la documentation, à commencer par le connaissement, est essentielle à la simplification et à la numérisation du commerce mondial. La transformation qui a eu lieu dans le secteur du transport aérien est un exemple de ce qui est possible si nous travaillons ensemble », souligne Thomas Bagge, le directeur général de l’association. Il estime qu’avec une adoption de 50 % des connaissements électroniques, le secteur pourrait économiser jusqu'à 4 Md$ par an d'ici 2030.

Pour André Simha, responsable du numérique et de l'innovation chez MSC et président de l’association depuis sa création, la pandémie accentue les avantages des connaissements électroniques. « Les cargaisons dans les ports pourraient ne plus être bloquées à cause d’un document manquant. »

Livre blanc chez les propriétaires de transporteurs de brut

Parallèlement, un groupe d'acteurs chinois dans le transport maritime et le négoce du pétrole, dont China Merchants Energy Shipping et Cosco Shipping Energy Transportation, deux des plus grands propriétaires de très gros transporteurs de brut au monde, ont publié un livre blanc sur les applications de la blockchain visant à accroître l'efficacité et la sécurité dans le secteur. « Les sociétés opérant des navires citernes sont tenues de fournir des services plus sûrs et plus transparents. Elles ont par ailleurs besoin de financement importants, qui peuvent être difficiles à satisfaire en utilisant les outils traditionnels tels que les garanties d'entreprise, les garanties de navires et le financement de projets. »

L'initiative, dévoilée le 19 mai, envisage une plateforme numérique qui intègre tous les acteurs clés de la chaîne d'approvisionnement de l'industrie énergétique et pétrolière afin de rationaliser les process « en partageant de façon sécurisée les données et des moyens de paiement ».

Pour exemple, les technologies permettraient aux surestaries et autres frais dans le cadre de contrats d'affrètement d'être automatiquement authentifiées et payées. En même temps, les informations numérisées et sécurisées pourraient en outre être utilisées pour des prêts garantis, la vente de comptes en souffrance, etc. Outre une plus grande souplesse dans les modalités de financement, les documents numérisés peuvent également offrir « une solution parfaite » aux propriétaires de pétroliers qui, à l'heure actuelle, ne peuvent pas obtenir les connaissements originaux des propriétaires de cargaisons et doivent se fier aux lettres de garantie des affréteurs lors du déchargement.

La rédaction

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