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Bruxelles a dévoilé ses objectifs et ambitions dans l’hydrogène, ceci dans le but de décarboner les secteurs les plus polluants comme la sidérurgie et les transports. Avec toujours dans le viseur la neutralité carbone en 2050. 

« La nouvelle économie de l'hydrogène » s’impose à l’UE. Bruxelles a identifié la nouvelle énergie comme un des moteurs de relance post crise, de nature à « réparer les dommages économiques causés par la pandémie », a exprimé devant la presse le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans.

L’énergie de demain, à condition qu’elle soit propre c'est-à-dire produite par électrolyse de l'eau avec de l'électricité issue de sources renouvelables, est appelée à se substituer aux énergies fossiles dans les process de production d'acier et comme carburant pour le transport aérien et maritime, ainsi que pour les batteries.

« Alors que 75 % des émissions de gaz à effet de serre de l'UE proviennent (de la production) d'énergie, nous devons opérer un changement de paradigme pour atteindre nos objectifs de 2030 et 2050 », a plaidé la commissaire européenne à l'Énergie Kadri Simson, citée dans un communiqué. « L'hydrogène jouera un rôle clé à cet égard, car la baisse des prix des énergies renouvelables et l'innovation continue en font une solution viable pour une économie climatiquement neutre. »

La Commission européenne estime que, dans les premières années, une « période de transition » sera nécessaire pour assurer une production stable et des prix compétitifs, période au cours de laquelle d'autres processus de production d'hydrogène, émetteurs de carbone, seront maintenus mais avec des effets atténués sur l'environnement grâce à des techniques de capture de carbone. 

Production marginale 

L’Europe part de loin. La production et consommation d'hydrogène dans l'UE s'élève actuellement à 9,8 Mt/an, principalement issue d'énergie fossile. Dans un premier temps, la Commission souhaite soutenir l'installation de 6 gigawatts (GW) d'électrolyseurs et une production annuelle allant jusqu'à 1 Mt d'hydrogène renouvelable. Entre 2025 et 2030, elle se fixe pour objectif 40 GW et 10 Mt de production annuelle d'hydrogène renouvelable. Et entre 2030 et 2050, elle espère voir la technologie arriver à maturité et être développée à grande échelle.

Au sein de l'UE, l'Allemagne, qui dispose des ressources industrielles pour faire émerger une filière verte, avait annoncé début juin un investissement massif de 9 Md€, avec l'ambition de devenir le « fournisseur et producteur numéro 1 mondial ». La France a pour sa part prévu un budget de 1,5 Md€ sur trois ans, notamment pour « parvenir à un avion neutre en carbone en 2035 ».

Fin juin, une coalition d'industriels – ExxonMobil, GE, ENI, Equinor ou Erdgas – a plaidé pour une production d'hydrogène au gaz naturel, accompagnée de technologies de capture de carbone, jugé nécessaire pour rendre les utilisations de l'hydrogène compétitives en termes de coût. Il serait alors 2 à 5 fois moins cher que l'hydrogène renouvelable et son déploiement contribuera à réduire le coût de ce dernier, avançaient-ils.

La rédaction