La Commission européenne ne cesse de repousser l’échéance. Après avoir annoncé qu’elle se prononcerait en juin de cette année – délai rendu difficile en raison de la crise sanitaire –, elle rendra finalement sa décision sur la fusion entre HHI et DSME au plus tard le 3 septembre. Une opération qui est sous la menace d’une opposition du Japon.

Bruxelles a repris l’examen de la fusion entre les deux plus grands constructeurs navals sud-coréens, qu’elle avait débuté en décembre et mis en suspens début avril en raison du Covid-19. Son verdict est désormais attendu pour le 3 septembre au plus tard. La Commission s’inquiète plus particulièrement du monopole que la fusion exercerait sur les segments des VLCC, porte-conteneurs de grandes tailles et surtout les méthaniers.

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Autour de 60 % des navires de ce type construits dans le monde sortent en effet des deux chantiers sud-coréens et la récente méga commande de Qatar Petroleum va accentuer le trait. Les milieux économiques locaux concèdent que ce contrat peut influencer la décision européenne mais rappellent que la concurrence s’exprime pleinement sur ce créneau, comme l’illustre la commande de 16 méthaniers du Qatar à Hudong-Zhonghua Shipbuilding en avril. Des sources internes chez HHI font en outre état de discussions constructives avec la Commission.

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Si l’UE donne son feu vert, il restera encore à obtenir celui de Singapour et surtout du Japon. Or les relations entre les deux pays sont actuellement exécrables pour cause de divergences sur des réparations liées à la Seconde Guerre Mondiale. Difficile donc d’imaginer Tokyo valider une fusion qui fragiliserait encore plus ses propres chantiers navals. D’autant qu’un tribunal coréen vient d’entamer la procédure pour saisir des avoirs de Nippon Steel afin d’indemniser des Coréens contraints au travail forcé pendant le conflit. Le porte-parole du gouvernement japonais a répondu que son pays prendrait des mesures de rétorsion.

Thierry Joly (en Asie)