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Ragaillardie par ses performances financières du premier semestre, la compagnie maritime de conteneurs veut utiliser ses excédents pour racheter ses propres obligations. Une information rapportée par Bloomberg

Après avoir annoncé, début septembre, une restructuration de ses différentes marques qui met un terme à l’indépendance de certaines filiales et/ou marques, le leader mondial du transport maritime de conteneurs a déclaré, le 15 septembre, que le groupe envisageait de racheter des obligations pour 600 M€, dont l'échéance est fixée à 2022, ainsi que des obligations en couronnes norvégiennes pour un équivalent en dollars de 333,1 millions. Maersk justifie l’opération par la volonté de « gérer activement la dette ».

Lors de la publication de ses résultats financiers semestriels, Maersk, revigoré par ses performances financières, avait indiqué qu'il s'attendait à un Ebitda de 1,5 Md$ de plus cette année qu'il ne l'avait prévu avant la crise. Il table désormais sur un excédent brut d’exploitation compris entre 6 et 7 Md€ (avant coûts de restructuration et d'intégration). En février dernier, le groupe visait en effet les 5,5 Md€. Le PDG Søren Skou avait alors laissé entendre qu’il envisageait un nouveau programme de rachat d'actions, qui pourrait être annoncé dans son rapport annuel pour 2020.

Maersk : une réorganisation à grande échelle ?

Pas sans impacts sociaux

Depuis 2016, A.P. Møller – Maersk s'est lancé dans une vaste restructuration en vue de filialiser ou céder bon nombre de ses activités pétrolières (Maersk Tankers, Maersk Oil et Maersk Drilling en cours). La vente en 2017 de sa division pétrolière à Total et l’introduction en bourse de Maersk Drilling ont un mis un point final à ses anciennes activités énergétiques. Après l’intégration de Hamburg Süd et la réorganisation de l'entreprise en une structure intégrée, il a annoncé que Damco (commissionnaire et NVOCC) et Safmarine (compagnie spécialisée sur l’Afrique) seront intégrés à Maersk et leurs marques disparaîtront progressivement entre octobre et la fin de l’année. Hamburg Süd ne disparaîtra pas en tant que marque mais perdra en autonomie puisque son backoffice sera rattaché à celui de Maersk.

La restructuration ne se fera pas sans casse dans la mesure où elle touche un tiers du personnel du groupe danois. « La simplification de l'organisation aura malheureusement un impact sur les emplois en raison des doublons et des fonctions qui ne seront plus nécessaires », avait indiqué le directeur commercial Vincent Clerc dans un courriel interne, sorti incidemment des murs de l’entreprise et vu par la presse.

Entre 26 000 et 27 000 des 80 000 employés pourraient être affectés par la restructuration. Hamburg Süd emploie 4 500 personnes, Damco et Safmarine respectivement 2 300 et 1 200 personnes.

La rédaction