Alors que la commission environnement du parlement européen allait voter pour inclure le transport maritime dans le marché européen du carbone, l'ONG Transport & Environnement a publié sa liste réactualisée des dix principaux émetteurs de CO2 en Europe, qui place MSC à la 7e place devant Ryanair. La compagnie dément.

Le transporteur italo-suisse est décidément dans le collimateur de l’ONG. Une précédente étude, en 2018, avait déjà hissé MSC parmi les dix premiers émetteurs de l’UE (avec 11 Mt de CO2 émis) aux côtés de... centrales électriques à charbon. Si le transport maritime faisait partie du système communautaire d'échange de quotas d'émission (SCEQE), MSC aurait alors été le 8e opérateur le plus émetteur de l'UE. C’est dans cette étude qu’on peut lire que dans plusieurs pays européens, dont la France, les émissions des transports maritimes sont supérieures à celles de toutes les voitures particulières immatriculées dans au moins 10 des plus grandes villes de chaque pays. Une étude devenue ensuite virale et reprise par de nombreux médias. 

À nouveau, la deuxième plus grande compagnie de transport de conteneurs au monde se trouve épinglée par la même ONG selon laquelle elle serait toujours le septième plus grand émetteur de carbone en Europe avec 10,72 Mt de CO2. En tête de ce classement des plus gros pollueurs européens : les grandes centrales électriques au charbon, dont la centrale polonaise de Belchatow en tête.

Pour le contexte, l’ONG milite pour l’inclusion du transport maritime de l'UE dans le système communautaire d'échange de quotas d'émission (SCEQE), qui « permettra de collecter des fonds indispensables à la mise en place de technologies de transport maritime plus écologiques ». Mais elle estime que cela ne suffira pas à assainir le secteur. « Cela doit se faire en tandem avec les normes en matière de CO2 qui exigent que les navires fonctionnent plus efficacement et utilisent de l'hydrogène vert. »

 Analyse incomplète 

MSC a réagi à ses attaques en se disant « préoccupée par l'interprétation erronée et trompeuse des données présentées par Transport & Environment en ce qui concerne ses émissions ». Elle assure que le ratio des émissions de CO2 par tonne de de fret transporté est l'un des plus bas du secteur. Elle rappelle qu’elle investit « massivement » dans sa flotte et dans les technologies à faible émission de carbone. Le transporteur soutient qu’il déclare ses émissions de CO2 de manière transparente et précise dans le cadre du système de surveillance, de déclaration et de vérification (MRV) de UE, « comme le prescrit la législation européenne. »

MSC remet en cause la méthodologie de l’étude de l’ONG. « Une analyse axée sur les émissions du transport maritime dans l'UE ne devrait prendre en compte que les émissions effectivement produites dans la zone géographique de l'UE. Cela est particulièrement pertinent pour une entreprise mondiale comme MSC, qui opère sur toutes les routes du monde. Une analyse sérieuse montrerait que seulement 40 à 45 % des émissions déclarées par MSC dans le MRV se trouvaient en fait dans l'UE. Cette étude monterait alors que MSC a bien réduit de 2,5 % par an ses émissions nettes dans le cadre du système MRV. » Elle rappelle enfin que, pour être pertinentes, les données doivent être mises en perspective avec la quantité de marchandises transportées. 

« En 2019 a été introduit le MSC Gülsün, dont l'empreinte carbone est l'une des plus faibles avec 7,49 g d'émissions de CO2 pour déplacer une tonne de marchandises sur un mille nautique. En outre, nous avons été la première compagnie à offrir la possibilité à nos clients de compenser entièrement les émissions de carbone en participant au programme Carbon Neutral du MSC », plaide-t-elle pour sa défense. 

La rédaction