©Wilhelmsen Ship Agency

Ils sont peu nombreux, ces États à avoir assoupli leurs réglementations pour permettre le transit des travailleurs dits essentiels que sont les marins. La Cité-État vient de réussir une première relève selon un protocole concerté avec l’ensemble des parties prenantes. Une gageure...

Permettre à des marins de rentrer chez eux à la fin de leur période de service s’est manifestement révélé comme un des principaux défis auxquels a été confronté le secteur du transport maritime par la pandémie. Les États ayant apposé les scellés sur leurs frontières pour des raisons sanitaires, les relèves d’équipage ont été un véritable casse-tête de gestion pour toute la profession. La crise est intervenue à un moment où quelque 100 000 marins de la marine marchande devaient être remplacés pour être en conformité avec les conventions internationales sur la sécurité maritime et les conditions de travail.

Tous les corps intermédiaires représentant la filière n’ont cessé d’alerter les pouvoirs publics, seuls détenteurs des clés, sur la bombe à retardement que représente l’impossibilité d’opérer les relèves, en termes d’épuisement des marins, de sécurité des opérations des navires et de menaces sur la chaîne d’approvisionnement mondial à un moment critique.

Couloir de sécurité pour les marins 

La publication par l’OMI d’une feuille de route offrant à ses 174 États membres un cadre pour permettre les changements d'équipage, n’a pas produit beaucoup d’effets. Pourtant, une cinquantaine de pays auraient signé les protocoles en 12 points établis par la Chambre internationale de la marine marchande et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF). La mise en œuvre tarderait donc.

Seuls 25 % des 400 000 marins qui doivent changer d'équipage dans le monde ont été rapatriés. Sur ce total 25 % ont été en mer pendant 10 mois ou plus, d’après la Lloyd's List.

Excepté quelques rares États, comme Gibraltar, les Émirats arabes unis, Chypre, Singapour, peu ont accepté d’assouplir leurs réglementations. Les autorités de la Cite-État – l'Autorité maritime et portuaire de Singapour (MPA) et le gouvernement de Singapour – viennent d’effectuer un changement d’équipage intégrant la problématique du transit aérien selon un protocole élaboré avec l’ensemble des parties prenantes dans le cadre du groupe de travail Singapore Crew Change Working Group. Il est basé sur l’idée d’un « couloir de sécurité pour les marins ».

Quelque 37 marins ont ainsi pu embarquer et débarquer le 6 juin sur le vraquier Genco Liberty, exploité par Synergy Group. Le changement d'équipage était coordonné par la Wilhelmsen Ship Agency. Dix-huit d’entre eux – 14 du Sri Lanka et quatre Indiens – sont arrivés à Singapour sur un vol affrété, tandis que les 19 membres d'équipage indiens en fin de mission sont rentrés chez eux à bord du même avion affrété. Singapour demande notamment aux marins d’observer une quatorzaine à domicile et de présenter un test de dépistage négatif pour embarquer.

La rédaction

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