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Le groupe pétrolier français va reconvertir sa raffinerie de Seine-et-Marne pour la réorienter dans la production de biocarburants destinés au secteur aérien et de bioplastiques, ainsi que dans le recyclage de plastiques et le photovoltaïque.

Total fait une nouvelle annonce qui va dans le sens de la reconversion des activités de raffinage du groupe. Après la transformation de la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold en Moselle et celle de la raffinerie de La Mède dans les Bouches-du-Rhône en usine de biocarburants à base notamment d'huile de palme, le groupe pétrolier prend en charge son site de Grandpuits en Seine-et-Marne. 

À horizon 2024, moyennant un investissement de plus de 500 M€, non sans suppression de postes mais sans licenciements, « il n'y aura plus une goutte de pétrole sur le site de Grandpuits »,  a assuré au cours d’une conférence de presse Bernard Pinatel, directeur général de la branche Raffinage-Chimie de Total. L'arrêt du raffinage est prévu pour le premier trimestre 2021 et la fin du stockage de produits pétroliers fin 2023.

400 000 t/an de biocarburants

Le projet prévoit la mise en service en 2024 d'une usine de biocarburants d'une capacité de traitement de 400 000 t par an, « alimentée majoritairement par des graisses animales en provenance d'Europe et des huiles de cuisson usagées, complétées par des huiles végétales ». Une usine de recyclage de plastiques d'une capacité de traitement de 15 000 t par an doit aussi être mise en service en 2023 ainsi que deux centrales photovoltaïques d'une capacité de 28 mégawatts (MW) à Grandpuits et 24 MW à Gargenville. Le groupe ambitionne également d’en faire « la première usine européenne » de PLA, un bioplastique fabriqué à partir de sucre.

De février à juillet 2019, la raffinerie avait été contrainte à l’arrêt suite à une fuite sur le pipeline d'Ile-de-France (PLIF) qui relie sur 260 km Grandpuits au Havre et permet l'approvisionnement en brut de la raffinerie. Les trafics portuaires s’en étaient d’ailleurs ressentis. 

250 suppressions de postes

Le projet ne fera pas l’économie de postes, a indiqué Total : 250 devraient être concernés sur les 400 que compte aujourd'hui la plateforme de Grandpuits. Les nouvelles orientations se concrétiseront par des départs à la retraite anticipés et des mobilités internes. Le dirigeant a en outre annoncé un plan d'accompagnement pour les entreprises sous-traitantes. Quinze emplois doivent être créés sur le site de Grandpuits dans une unité d'emballage en aval. « Le compte n'y est pas » a réagi auprès de l'AFP Thierry Defresne, délégué syndical CGT Total Raffinage Pétrochimie, qui fait état de 209 suppressions d'emplois hors les 500 emplois sous-traitants.

Neutralité carbone en 2050

Total assure que l'arrêt de l'activité de la raffinerie n'aura « aucune incidence sur le bon fonctionnement des stations-service et des aéroports de la région Ile-de-France », qui seront approvisionnés par les raffineries de Normandie et de Donges, près de Nantes, dans laquelle le groupe envisage 450 M€ d’investissement. Il faut croire que Total continue de croire au pétrole : « On aura toujours besoin demain d'un mix de raffinage de fossiles et de ces nouvelles énergies. »

Le groupe s'est engagé à la neutralité carbone en Europe en 2050 et a pour objectif d'installer 25 GW de capacité d'énergies renouvelables d'ici à 2025.

La rédaction

 

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