Le géant pétrolier et gazier français a annoncé un bénéfice net ajusté en repli de 13 % en 2019 à 11,83 Md$, tandis que le bénéfice net s'est inscrit en retrait de 2 % à 11,27 Md$. Les résultats ont souffert d'un environnement dégradé, avec une baisse des cours du pétrole de 10 % l'an dernier pour le Brent et même une chute de 38 % pour ceux du gaz européen.

Après Shell ou BP, Total présente aussi des resultats en baisse malgré une forte hausse de 9 % de la production d'hydrocarbures l'an dernier (3,01 millions de barils équivalent pétrole/jour), grâce au démarrage et à la montée en puissance de nouveaux projets comme celui de GNL à Yamal, en Russie. Le groupe a ainsi passé la barre symbolique des 3 millions de barils par jour produits. Pour 2020, Total anticipe une croissance de sa production de 2 à 4 %, indépendamment du virus chinois. « On n'est qu'au début de la compréhension des impacts », a souligné Patrick Pouyanné dans un communiqué. « Dans les prochains mois, on parle d'un impact de 1 million de barils par jour potentiellement ». 

Le coronavirus n’est pas le seul élément qui rende l’environnement pétrolier volatil compte. Les principales incertitudes pesant sur la demande d'hydrocarbures sont nombreuses : les perspectives sur la croissance économique mondiale, le contexte géopolitique instable, la pression de la société civile…

Au niveau du GNL, le groupe indique une baisse de 3 % de la production l’an dernier, liée au déclin naturel des gisements (fermeture de Tyra) tandis le démarrage de nouveaux champs, tel Johan Sverdup en Norvège, et la montée en puissance de projets ont fait progresser les débits de 13 %. Les projets de liquéfaction ont représenté une production de 560 000 bep/j en 2019 (+ 47 %). Une hausse liée en grande partie aux projets russe Yamal LNG et australien Ichthys. Les ventes de GNL de Total ont crû de 57 % l’an dernier.

Dans l’aval, les volumes raffinés en France ont chuté de 25 % en 2019, à 456 000 barils/jour. En cause : les arrêts techniques de Grandpuits et Gonfreville, dont l’activité a été en outre perturbée par les mouvements sociaux.

ExxonMobil : Défiance croissante vis-à-vis des énergies fossiles

La Texane ExxonMobil est aussi concernée par la défiance croissante vis-à-vis des énergies fossiles à travers le monde et les politiques en faveur des énergies propres et de la réduction des émissions polluantes. Le bénéfice net a diminué de 5, 2% à 5,7 Md$ au cours du dernier trimestre 2019. Le chiffre d'affaires (67,2 Md$) est en baisse de 6,6 %, tout en étant supérieur aux attentes des marchés, indique le communiqué. 

La production d'hydrocarbures du géant pétrolier a stagné, à 4 millions de barils équivalent pétrole par jour (mbj), malgré des investissements dans le bassin permien, qui abrite les principales réserves américaines. ExxonMobil, comme l'ensemble du secteur pétrolier, fait face aux prix bas Brent et du gaz naturel depuis le printemps 2014, en raison d'une offre abondante. Les coûts de maintenance des raffineries ont par ailleurs augmenté, ce qui a réduit à 900 M$ le bénéfice opérationnel, réduit d’un tiers.

Sur l'ensemble de l'année 2019, ExxonMobil a gagné 14,34 Md$ (- 31,2%) pour un chiffre d'affaires de 264,94 milliards, en baisse de 9 %.

La rédaction