Le groupe pétrolier français va réduire de plus de 3 Md$ ses investissements, a-t-il annoncé ce 23 mars. Un plan d'économies va être mis en oeuvre pour faire face à l'effondrement des cours du brut.

- 20 %. C’est la réduction des investissements que projette Total, soit à moins de 15 Md$ cette année, pour passer le mauvais cap que vit actuellement le marché pétrolier. Le groupe français va en outre porter son plan d’économies à 800 M€ (contre 400 M€ initialement prévus), suspendre son programme de rachat d'actions et geler les recrutements, exceptés dans les emplois dits stratégiques, à savoir les énergies nouvelles et le numérique.

Le PDG Patrick Pouyanné l’a annoncé à son personnel et l’a justifié par la conjonction de trois facteurs : l'épidémie de Covid-19 et l'effondrement des cours du brut (moins de 35 $ le baril) qui s’en est suivi, et enfin, la transition énergétique.

Fort d'une trésorerie de plus de 10 milliards de dollars, Total affiche un taux d'endettement faible (16 % des fonds propres), un point-mort (le seuil à partir duquel le groupe commence à gagner de l'argent) inférieur à 25 $/baril et un coût de production divisé par deux à 5 $/baril.

Selon la direction, l'effondrement des cours du brut entraînerait un manque à gagner de 9 Md$ sur les prévisions du budget 2020, calé sur un prix du baril de 60 $. Pour combler le « trou » budgétaire, la major pétrolière escompte 5 Md$ de la réduction de l'investissement (3,3 Md$, dans le secteur de l'exploration/production), de la baisse des coûts d'exploitation (0,4 Md$) et de la suspension du programme de rachats d'actions (1,5 Md$). Les 4 Md$ restants seraient couverts par un recours accru à l'endettement.

La rédaction