​La compagnie maritime singapourienne aurait obtenu un prêt garanti par l'État auprès d'un fonds d'investissement singapourien. L'accord présumé fait partie d'un ensemble de mesures financières visant à garantir la pérennité du transporteur.

En mai, les médias se faisaient l’écho d’une approche entre le 10e armateur mondial de porte-conteneurs en grande difficulté financière et le fonds souverain singapourien Temasek Holdings. Pacific International Lines (PIL), la compagnie détenue et gérée par l’emblématique Teo Siong Seng, fils du fondateur Chang Yun Chung, est lestée de dettes. Fin mai, elle indiquait avoir obtenu l'accord de treize créanciers, qui totalisent 97,6 % de sa dette totale, pour un moratoire sur les paiements du principal de la dette (montant net du capital emprunté) et des intérêts jusqu'au 31 décembre. En février, la compagnie singapourienne avait annoncé son abandon du marché transpacifique puis un peu plus tard, la cession de navires, de participations dans des compagnies (Pacific Direct Line) et d’actifs. Ce qui avait alerté sur son état de santé.

Une issue singapourienne pour PIL ?

Alphaliner révèle que la compagnie maritime aurait obtenu « un prêt garanti par l'État auprès d'un fonds d'investissement singapourien ». Soit un peu plus vite que prévu. Depus la mi mai, la société est en négociation avec Heliconia Capital Management, une société d'investissement appartenant à Temasek Holdings et présidée par Lim How Teck (un ancien dirigeant de l’autre compagnie singapourienne, Nol, acquise par CMA CGM). L'accord en était encore au stade préliminaire et se donnait une échéance à six mois. Un conseiller financier, Evercore Asia, avait été nommé pour l’accompagner sur « des alternatives de levée de capitaux ». Selon les médias locaux, il est question d’un prêt de 450 M$, qui doivent l’aider dans un premier temps à payer les frais d'affrètement et les factures de bunkers en retard.

PIL a déjà reçu un prêt de quelque 180 millions de dollars singapouriens en janvier 2018 d’une entité apparentée à Temasek. Selon ses derniers états financiers, la compagnie et ses filiales ont accusé des pertes nettes de 254 M$ en 2018 et de 35 M$ au premier semestre 2019. Le groupe détient également 41 % des parts du fabricant de conteneurs Singamas bien que ses actions aient été données en gage à Temasek Holdings en janvier 2018.

A.D.