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Le vraquier MV Wakashio, qui s’est échoué le 25 juillet au large de l’île Maurice, menace de se briser, faisant craindre une catastrophe écologique dans cet espace classé alors que ses soutes contiennent 3 800 t de fuel. Le navire est exploité par Mol et appartient à Okiyo Maritime Corporation Nagashiki Shipping.

Le MV Wakashio, vraquier de 200 000 tpl, s'est échoué le 25 juillet sur le récif de Pointe d'Esny, près du parc marin de Blue Bay. Les vingt membres de l’équipage ont été évacués sains et saufs. Mais le ministère de l'Environnement mauricien avait confirmé dans un communiqué le 7 août qu'il y avait bel et bien une brèche dans le navire, par laquelle se seraient déjà déversées 1 000 t d’hydrocarbures. Depuis jeudi, alors que les équipes d’intervention sont provisoirement parvenues à bloquer la fuite d’hydrocarbures qui se déversaient depuis plusieurs jours de la cale du bateau, les fissures se sont creusées. Une catastrophe environnementale menace si l'état du navire se détériore et entraîne le naufrage ou la rupture de l'épave. 

Le navire battant pavillon panaméen, exploité par Mitsui OSK Lines (Mol) et propriété de Okiyo Maritime Corporation Nagashiki Shipping Co. Ltd, est chargé de 3 894 t de fuel à faible teneur en soufre, 207 t de gazoil et 90 t d'huiles  lubrifiantes mais n’a pas de cargaisons. Il était en provenance de Chine et en route vers le Brésil.

Pompage du carburant rendu impossible par mer agitée

Le plan initial prévoyait de pomper le carburant de l'épave vers un autre navire et d'essayer de renflouer le navire. Cependant, en raison des mauvaises conditions météorologiques, le transfert a été jugé dangereux et a été reporté. Deux remorqueurs sont déjà sur place, deux autres doivent les rejoindre dans les prochains jours. Smit Salvage a été mandaté pour commencer les opérations sauvetage. Des barrages flottants ont également été déployés sur le site. Selon les images satellites, la nappe a déjà commencé à dériver vers la côte, attisée par des vents et des courants forts.

Le Premier ministre Pravind Jugnauth, qui a déclaré un état d’urgence environnemental arguant que le pays n'était pas équipé pour faire face à une catastrophe environnementale de cette ampleur  – a convoqué ce dimanche 10 août une réunion de crise. La veille, un navire de la marine française et un avion avec des experts à bord ont décollé vers Maurice depuis la Réunion. Le Japon a annoncé de son côté l’envoi d’une équipe de six experts.

La rédaction