L’intégration du développement durable dans les stratégies des principaux ports espagnols se traduit principalement par le développement de l’avitaillement en GNL, la réalisation d’unités de production d’énergies renouvelables dans les enceintes portuaires et la possibilité pour les navires de se connecter au réseau d’électricité une fois à quai. À cet égard, le ministère de l’Équipement a annoncé en 2018 une réduction de 50 % du droit portuaire sur le navire (T1) en cas d’utilisation de l’électricité à quai et un allègement de la fiscalité pour la compagnie qui fournit le courant.

À Barcelone, où une zone de basses émissions (ZBE) sera effective à partir du 1er janvier 2020, le port a demandé à Red Eléctrica Española (REE), l’homologue de RTE en Espagne, l’autorisation pour réaliser l’embranchement électrique des navires à quai et envisage de demander le permis de connexion, une procédure de nature administrative, indique-t-on à l’Autorité portuaire de Barcelone (APB). À partir de là, le projet pourra être réalisé.

L’investissement est loin d’être négligeable puisqu’il est évalué à 60 M€. L’accès au réseau de haute tension (220 kV) nécessite la construction d’une sous-station. « La connexion à quai sera réalisée progressivement, en commençant par les terminaux de ferries et de croisières », explique-t-on à l’APB. Huit ans seront nécessaires pour assurer une fourniture de courant à tous les navires.

À l’étude

Plus au sud, Valence est plus avancé. L’appel d’offres pour la construction d’une sous-station électrique d’une capacité de 40 MW sera lancé d’ici la fin de l’année. Le projet sera réalisé en deux étapes, de 20 MW chacune, et représentera un investissement de 8 M€. L’APV prévoit également de se doter d’une unité d’approvisionnement des navires en GNL ainsi que d’éoliennes (7 générateurs avec une capacité estimée entre 12 et 16 MW) et d’une petite centrale solaire photovoltaïque (800 KWh).

À Algésiras, premier port espagnol en tonnage total, une étude de la demande potentielle, qui tient compte des différences de besoins selon le type de navire, a été réalisée. À Bilbao, on indique que « l’installation de la connexion électrique est à l’étude ». En revanche, Santander n’a pas encore de projet.