Le port londonien de Tilbury, qui se décrit comme « le port britannique à la croissance la plus rapide », a lancé un programme d’investissement de 1Md£ (1,10 Md€) comprenant notamment la construction d’un second terminal, Tilbury2, sur un terrain à proximité du premier. Le feu vert pour le début des travaux est attendu dans le courant du premier trimestre 2019. Le London Container Terminal (LCT) de Tilbury est déjà le 3e plus grand terminal à conteneurs du Royaume-Uni avec environ 500 000 EVP par an et dispose d’une installation logistique adjacente, le London Distribution Park. Depuis son acquisition auprès de DP World par Forth Ports en 2012, quelque 50 M€ y ont été investis notamment pour en faire le plus grand terminal reefers d’Europe avec 1 400 prises frigorifiques.

Le nouveau terminal polyvalent Tilbury2 comprendra une zone « roulier » avec une aire de stockage pour conteneurs et de stationnement pour les remorques ainsi qu’un entrepôt. La route Tilbury-Zeebrugge de P&O Ferries pour les remorques non accompagnées est celle qui connaît actuellement la croissance la plus rapide du port, et le port londonien devrait capitaliser sur un Brexit sans transaction, notamment si les chargeurs cherchaient à éviter la congestion sur la route Douvres-Calais.

Ses voisins, London Thamesport et London Medway, également situés dans l’estuaire de la Tamise, espèrent aussi attirer davantage de trafic en cas de Brexit. Le premier a démontré un intérêt croissant pour le short sea à destination de Londres. « Au fur et à mesure que le Brexit se rapproche, un nombre croissant d’importateurs et d’exportateurs revoient leur supply chain et sont à la recherche de routes offrant une grande résilience, et ce quelle que soit l’issue du Brexit », soutient le directeur Mark Taylor.

Options plus solides

Plus au nord, Hull agrandit également ses installations pour conteneurs en anticipation. Il a déjà enregistré un nouveau service en octobre avec l’armement néerlandais Samskip et son service bihebdomadaire à destination d’Anvers au moyen d’un navire de 500 EVP. « Avec l’incertitude actuelle, notre offre de services dédiés au transport maritime à courte distance peut offrir des options solides aux entreprises qui souhaitent réduire les risques de leur supply chain », répète en écho Richard Beales, le directeur régional de Samskip UK & Ireland.

D’autres ports sur la rive Sud de l’estuaire de la Humber, tels Killingholme et Goole, pourraient également bénéficier d’un « dividende » Brexit en cas de forte congestion à Douvres.

Plus au nord encore, à moins de 5 km de la mer du Nord, Teesport appartenant à PD Ports a commencé à recevoir de nouvelles liaisons directes du spécialiste shortsea Unifeeder à destination et en provenance d’Anvers et de Dunkerque. P&O Ferries a pour sa part augmenté sa capacité de 25 % sur son service fret Zeebrugge-Teesport. « Les clients veulent un accès direct et des horaires garantis, explique Kim Catterick, directeur général de PD Ports, ce qui conduit à une demande croissante pour des ports à l’écart des principaux ports européens et britanniques, guettés par la congestion ».