Ces derniers temps, les médias italiens ont relayé les tensions entre les deux actionnaires à parts égales du terminal à conteneurs de Gioia Tauro, MSC-TIL et Contship-Italia.

Au cœur des différends, une différence de vision stratégique quant au développement du Medcenter Container Terminal (MCT) dont dépendent les moyens alloués. L’italo-suisse, contrôlé par la famille Aponté, est prêt à y investir à court terme jusqu’à 120 M€, tandis que le milanais, filiale des opérateurs portuaires et manutentionnaires allemands Eurokai (83,3 %) et BLG (16,7 %), est dans une attitude plus prudente quant à leur plus important actif italien.

Pressés par le ministre italien des Transports, Danilo Toninelli, qui leur avait donné une date butoir pour s’entendre, ils ont convenu d’un accord. Contship-Italia a annoncé avoir engagé des négociations avec MSC pour lui vendre les parts qu’il détient (50 % donc) dans CSM Italia Gate, société contrôlant le MCT.

Pour accélérer la scission, Contship Italia indique avoir désigné « le cabinet d’avocats qui assurera l’opération ainsi qu’un conseiller financier indépendant, chargé d’estimer la valeur de l’activité et des actifs du terminal » tout en soulignant que pendant les négociations, le MCT resterait opérationnel.

MSC est devenu le maître absolu du terminal. Le numéro deux mondial du transport maritime de conteneurs a d’ores et déjà informé le ministère italien des Transports sur sa capacité immédiate à mobiliser des fonds pour investir de façon à porter la capacité du terminal à 4 MEVP d’ici deux ans. Le terminal n’est quasiment « fréquenté » que par les navires de MSC, à l’exception de Grimaldi qui l’utilise pour différents services Europe-Med et Afrique de l’Ouest.

Entre 2016 et 2018, Gioia Tauro est passé de 2,80 à 2,29 MEVP (– 4,5 %) après un passage à vide entre 2016 et 2017 où il a dévissé de 14 %. Au plus haut de sa forme, le terminal a géré un trafic jusqu’à 3,5 MEVP. Selon Alphaliner, l’installation italienne subit de plein fouet la concurrence du Pirée, qui depuis l’investissement chinois de Cosco, brille par ses performances (+ 19,4 % en 2018 avec 4,4 MEVP) et s’impose en tant que hub de la Méditerranée orientale.