Avec la mise en place d’un monitoring des températures et de procédures de qualité très strictes, l’industrie pharmaceutique a recours, depuis plusieurs années déjà, à l’expédition de conteneurs reefers. Cette année, l’édition de Transport International Pharma Seminar (TIPS), organisé le 20 novembre à Tours avec pour thématique « conformité et compétitivité du laboratoire grâce au transport », y a consacré une de ses conférences.

Sanofi Pasteur, par exemple, expédie depuis son site de Val de Reuil, en Normandie, des vaccins à destination du monde entier. La plupart des produits doit rester à une température comprise entre 2 et 8 °C, mais certains d’entre eux voyagent à – 20 °C, – 35 °C et même – 70 °C. Les expéditions se font majoritairement par transport aérien en caisse isotherme, mais aussi, depuis 2011, en maritime. « Le maritime est une alternative intéressante à l’aérien, avec un coût plus faible et un meilleur bilan carbone, souligne Sophie Marchand, directrice assurance qualité de Sanofi Pasteur. L’utilisation du reefer est plus sûre pour nos vaccins, à conditions que l’on mette en place des garanties pour un respect sans tolérance de la chaîne du froid. »

La gestion des produits, dont les plages de température peuvent varier considérablement, a longtemps été considéré comme un facteur décourageant le transport maritime.

Chez Sanofi Pasteur, il est utilisé uniquement pour les expéditions de grandes quantités de produits. La durée de transport est passée de 48 h en moyenne à 15 jours pour les États-Unis, et plus de 30 jours pour la Chine et le Mexique. Malgré les ruptures de charges inhérentes au maritime, le respect de la chaîne du froid est assuré par diverses mesures : suremballage de chaque palette, qui est monitorée individuellement et avec un nombre limité à 16 par conteneur sans gerbage.

Excursions de température

Avant de faire l’objet d’expéditions maritimes régulières en reefers, chaque destination est évaluée par trois envois successifs de palettes contenant de l’eau à la place des vaccins, à bord de trois navires différents. « Nous avons effectué des ouvertures de portes avec des températures extérieures positives et négatives, et même des débranchements pendant plusieurs heures, auxquels le conteneur réfrigéré résiste bien grâce au suremballage des palettes, explique Sophie Marchand. Les résultats sont bons et nous plébiscitons ce mode de transport, même si nous ne sommes jamais à l’abri d’aléas : il y a toujours des variations de température, mais qui restent dans une fourchette acceptable. »

Sept destinations ont été qualifiées par Sanofi Pasteur depuis 2011 : Canada, Chine, Malaisie, Afrique du Sud, Japon, États-Unis et Mexique. Le Brésil devrait être la prochaine, en 2020, au terme d’une procédure qui prend en moyenne six à neuf mois.

D’autres fabricants de vaccins utilisent aussi les conteneurs réfrigérés pour des expéditions maritimes : c’est par exemple le cas du laboratoire GSK qui n’a déploré que deux incidents majeurs. Il y a eu pourtant recours plus de mille fois. Sur ces deux incidents, un seul a conduit à une « excursion de température » suffisamment importante pour justifier un refus de la marchandise. Une démonstration par l’usage que le transport maritime peut satisfaire aux critères de qualité très élevés de l’industrie pharmaceutique.