En Asie, c’est Ocean Network Express (One), le 6e transporteur de conteneurs mondial, qui créé la « divine surprise ». Le premier exercice de l’armateur, né en avril 2018 de la fusion de Nippon Yusen Kaisha, Mitsui O.S.K. Lines et K Line, s’était mal terminé, avec un déficit deux fois supérieur aux bénéfices escomptés. Les difficultés techniques rencontrées à l’amorçage avaient généré de sérieux manques à gagner dans les ventes et les réservations. Cette fois, au cours du premier semestre de l’exercice 2019 (avril-septembre), One s’est réconcilié avec les bénéfices (126 M$) et son chiffre d’affaires a augmenté de 19 %, à 6 Md$. Ses revenus ont été tirés par les volumes engrangés sur les routes Europe-Asie et transpacifique.

Avec 5,15 MEVP transportés au cours des neuf premiers mois de 2019 (+ 3 %), OOCL enregistre un chiffre d’affaires en hausse de 6 % à 4,67 Md$. La filiale de Cosco a été portée par la dynamique des marchés Europe-Asie et transatlantique. La société a en outre amélioré ses ratios d’exploitation, le revenu par EVP transporté a augmenté en moyenne de 12 %, à 906 $.

La rentabilité est toujours de mise également chez sa maison-mère Cosco, qui a augmenté ses volumes de 24 % en 9 mois pour atteindre 12,5 MEVP. Toutes les routes intercontinentales en profitent, en progressant de (presque) 30 % ou plus, exceptés le trafic domestique en recul de 2 % (OOCL n’y opère pas) et le segment transpacifique, en perte de vitesse (– 7 %) du fait des tensions géopolitiques. Cosco/OOCL domine en revanche le trafic Est-Ouest avec une part de marché consolidée de 21,5 % de mai à septembre 2019.

Le chiffre d’affaires de Cosco s’est établi à 13,9 Md$ (+ 38,75 %), un chiffre qui s’explique principalement par la consolidation d’OOCL, qui ne fait partie du groupe que depuis juillet 2018. Le résultat net de l’ensemble a augmenté de 145 % à 296 M$. Hors OOCL, le revenu moyen par EVP du géant chinois a augmenté de 5 %, à 706 $ (les recettes sur le trade Europe-Asie sont en baisse de 2 %) et à 757 $ avec sa filiale.

Yang Ming, Evergreen, HMM…

Du côté des compagnies taïwanaises, le 12e armement conteneurisé mondial avec 1,1 % de parts de marché, Wan Hai, reste incroyablement abonné aux bons résultats. Le chiffre d’affaires s’est amélioré de 12 % (1,73 Md$) tandis que son résultat d’exploitation a quadruplé (65 M$), et son résultat net a triplé pour approcher les 77 M$.

Evergreen Marine Corp. (EMC) a réalisé un chiffre d’affaires de 3,9 Md$, en hausse de 3,9 % et surtout, elle renoue avec les bénéfices, certes modestes (3,3 M$) mais se substituant à une perte de 32 M$ un an auparavant.

Contrairement à ses compatriotes, Yang Ming connaît des heures moins favorables. Malgré une hausse de 9,6 % de son chiffre d’affaires depuis le début de l’année (3,65 Md$) et une augmentation de 3,84 % de ses volumes (4,07 MEVP), l’entreprise reste dans la sphère négative. La perte nette après impôts de 106,9 M$, dont quasiment la moitié sur le seul 3e trimestre, est liée à sa décision de ne pas exercer d’options de rachat de certains navires affrétés (YM Uberty et YM Utopia). La compagnie, qui n’a de cesse d’optimiser son réseau de services intra-asiatiques pour contrarier le sort réservé au trafic transpacifique, promet des jours meilleurs, attendant du renouvellement en cours de sa flotte (24 navires) des coûts d’exploitation « grandement optimisés » grâce à un affrètement « à coût élevé ».

Enfin, HMM garde son titre de grand perdant qui lui colle aux bottes. Les finances restent dans le rouge quoiqu’en s’améliorant. La perte nette approche les 420 M$. Bien que se réduisant de trimestre en trimestre, le résultat d’exploitation (– 222 M$) du futur membre de THE Alliance reste conséquent.