La présence d’un gros chantier de déconstruction en milieu urbain, la nécessité de ne pas exacerber la congestion routière avec une noria de camions et l’existence d’un service fluvial sur la Loire ont milité en faveur d’une solution (plus) respectueuse de l’environnement lorsqu’il s’est agi d’évacuer des déchets urbains générés par le chantier de déconstruction du bas-Chantenay. Six mille tonnes de déblais issus de la démolition des parkings silos du garage Renault et d’un bâtiment de la carrière Misery ont donc emprunté la Loire pour leur évacuation.

« Nous sommes constamment en recherche de solutions innovantes en phase avec le territoire. À elle seule, une barge équivaut à 80 camions en moins sur nos routes », justifie Paul Bazireau, président du directoire de l’entreprise Charier en charge de la déconstruction. Une solution qui ne pouvait que plaire à Nantes Métropole – qui a d’ailleurs accepté de régler un léger surcoût par rapport à une solution routière – et aux deux autres partenaires de l’opération, Nantes Saint-Nazaire Port et la Compagnie Ligérienne des Transports (CLT). C’est cette dernière qui a inauguré le service Flexiloire il y a 19 mois.

Préalablement à leur transfert (15 minutes de temps de traversée), les matériaux ont d’abord été concassés avant d’être chargés sur la barge Pacifique, adaptée au transport de vracs solides, à partir du quai Saint-Louis. Une fois arrivés sur l’autre rive de la Loire, les déblais ont été pris en charge par Nantes Port Terminal, filiale de Nantes Saint-Nazaire Port et la société Nantes Manutention. Le troisième et dernier chargement a été réalisé le 10 septembre. Les déblais ainsi évacués ont, depuis, été réemployés pour la réalisation d’une plateforme industrielle située à Cheviré.

D’autres opérations à venir

La solution désormais éprouvée, d’autres opérations répondant à cette logique d’économie circulaire pourraient intervenir prochainement. La société Charier répond, en effet, à des appels d’offres incluant l’acheminement des déblais par barges. « Nous devons trouver des solutions pour le territoire. Le fluvial en est une, le recyclage des matériaux en est une autre. Pour peu que ces deux pratiques vertueuses soient plus souvent prévues dans le cahier des charges des donneurs d’ordre publics et privés, nous pourrions fortement contribuer au développement d’une économie circulaire des matériaux en territoire ligérien. De nouvelles opérations semblables à la première pourraient donc intervenir dès 2020 », confirme Thierry Macé, directeur des pôles métiers grands travaux et déconstruction de Charier.