LafargeHolcim a réceptionné l’installation qui lui permettra de valoriser les résidus de sa cimenterie installée dans la zone portuaire de Port-La-Nouvelle. Il y a investi 7,5 M€, aidé à hauteur de 10 % par des subventions publiques via l’Ademe. La nouvelle ligne de valorisation concerne trois grands ensembles : le convoyage, stockage et alimentation du four en déchets solides broyés, la mise en place d’un atelier de séchage et la mise en place d’un atelier by-pass chlore.

« L’installation permet à la cimenterie de viser un taux de substitution des énergies fossiles de plus de 90 % à l’horizon 2022, ce qui favorise la compétitivité de l’usine, notamment grâce à une réduction de la facture énergétique », explique Christophe Landais, directeur de l’usine,certifiée Iso 14 001. « C’est un combustible bien moins cher que les cokes de pétrole, confirme Pierre Vignaud, chef de projet à l’Ademe Occitanie.Et ce nouveau process détourne de l’enfouissement des quantités notables de déchets. Lafarge doit encore valider le pilotage fin du process du four. Ce combustible apporte en effet plus d’hétérogénéité qu’un combustible pétrolier. Les ajustements demandent des essais et des recalibrages de paramètres. Il faut au final que le ciment corresponde aux caractéristiques géotechniques voulues : l’industriel ne peut pas se tromper sur la qualité du ciment. »

Une solution pour les entreprises proches

A terme, plus de 35 000 t de déchets devraient être valorisés chaque année, soit le double de la capacité actuelle. La fiabilité des procédés est contrôlée par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement. « Une solution de proximité pour les entreprises de la région cherchant à valoriser leurs déchets non recyclables », ajoute Christophe Landais.

La cimenterie de Port-la-Nouvelle ambitionne de devenir à terme la première cimenterie à fonctionner sans combustible fossile. Ce qui clôturera une longue marche : en effet, l’usine de Port-la-Nouvelle utilise depuis 1988 des déchets industriels tels que des pneus usagés, des farines animales ou du bois industriel pour alimenter son four chauffé à 2000 degrés. Un premier atelier de valorisation des déchets solides broyés a été inauguré en mai 2011, ce qui avait alors permis à la cimenterie de porter son taux de substitution des combustibles fossiles à plus de 60 %. Ce nouvel investissement industriel s’inscrit dans le plan régional de prévention et de gestion des déchets de la région Occitanie. Celle-ci abrite trois cimenteries, deux exploitées par LafargeHolcim (Martres-Tolosane et Port-la-Nouvelle) et une par Calcia, à Beaucaire.