Lors d’un jeu de questions-réponses à l’issue du discours du président de la République, Philippe Louis-Dreyfus est revenu à la charge sur un sujet qu’il défend depuis des années et qui permet à la France d’être à la table des négociations internationales sur la stratégie à mener dans la guerre éclair contre les gaz à effet de serre (réduire le CO2 de 40 % par rapport à 2008 d’ici à 2030).

Lors de la dernière réunion inter technique à l’OMI, la France (via Armateurs de France et le Cluster maritime français) a préconisé la réduction de la vitesse comme « levier efficace pour moins consommer ». À ce stade des discussions, l’OMI n’a pas privilégié cette voie et a renvoyé les différentes parties prenantes à leur copie pour une nouvelle présentation en 2020.

« Vous avez donné un coup de fouet énorme à cette proposition en vous prononçant en sa faveur lors du G7 de Biarritz fin août, a insisté le président du conseil d’administration de Louis-Dreyfus Armateurs. Cela a même permis d’être rejoint par la Grèce, grande nation d’armateurs, qui étaient clairement contre il y a encore quelques mois. Néanmoins, le combat n’est pas terminé. Et il est à mener au niveau diplomatique car cette mesure ne peut être que mondiale et c’est à l’OMI que cela se joue. Je suppose que vous continuerez le combat entamé ».

Dans ce combat, la France, rejointe par la Grèce et le Danemark, a pour principal « adversaire » technique le Japon, qui défend une ligne plus technologique (ecodesign des navires, travail sur les moteurs) à laquelle se sont ralliées de puissantes organisations internationales du shipping (Bimco, International chamber of shipping) mais aussi Maersk. La finalité étant la même – réduction de la consommation – le président de la République semble considérer que les armateurs ont encore une partie à jouer pour s’entendre sur une proposition technique commune avec le Japon. « Nous, on va faire le travail, mais si on veut avancer, il faut que l’on avance dans le même sens pour être efficaces. »