Le 23 novembre 2019, la procédure d’information publique a été officiellement lancée pour le projet de construction et d’exploitation du 4e terminal à conteneurs du port de Valence. Une seule offre a été présentée et retenue par le conseil d’administration de l’Autorité portuaire de Valence (APV), celle du groupe MSC.

L’APV a rendu public un document présentant la « préconception technique et conceptuelle » du projet du futur Valencia North Port Terminal (VNPT), qui s’inspire des « ports de nouvelle génération comme Hambourg ou Rotterdam ». MSC prévoit d’introduire « les dernières technologies d’automatisation des procédés, appliquées à la robotisation et à la digitalisation des opérations de la marchandise conteneurisée ».

Le cahier des charges de l’APV évoquait un terminal « semi-automatisé ou automatisé ». Lorsque la phase 3 du VNPT sera achevée, les 22 portiques de quai prévus seront opérés à distance. Les opérations de transport et de stockage des conteneurs seront également automatisées (100 ASC et 154 AGV). La capacité finale totale est évaluée à 4,8 MEVP. Le projet est conçu pour accueillir les porte-conteneurs de 24 000 EVP.

Reste cependant une incertitude majeure. Dans le document diffusé, il est indiqué que le plan technique et d’investissement présenté est « préliminaire ». Il s’agit de fournir la « flexibilité nécessaire » pour l’élaboration du projet final qui sera présenté si MSC est l’adjudicataire de la concession. Notre confrère Diario del Puerto, basé à Valence, rappelle que les responsables de MSC ont affirmé à plusieurs reprises que le terminal commencerait à opérer initialement de manière semi-automatisée, ce que le document de « préconception » ne mentionne pas explicitement…

La question de l’automatisation des terminaux à conteneurs est délicate en Espagne alors que les négociations sont en cours pour la finalisation du 5e accord-cadre de la manutention portuaire. Le projet d’un nouveau terminal à conteneurs, indépendamment de son degré d’automatisation, suscite déjà l’opposition des écologistes et du maire de Valence, Joan Ribo, membre du parti nationaliste Compromis, qui réclament une nouvelle étude d’impact sur l’environnement. En revanche, les deux grandes confédérations syndicales espagnoles (CC.OO et UGT) ainsi que les milieux économiques y sont favorables.