Lâchant son modèle d’acquisition – des cycles tous les quatre à cinq ans – pour l’affrètement, la compagnie bretonne peut ainsi construire plus rapidement son arc atlantique Nord-Sud tout en se dotant de navires de dernière génération. D’ici trois ans, Brittany Ferries aura quatre unités neuves, dont trois de type E-Flexer (3 000 m linéaires pour les véhicules fret et capacité de 1 000 passagers), livrés entre décembre 2020 et 2023 (Galicia, Salamanca et Santoña, ces deux derniers au GNL). Ces navires, de construction chinoise (Avic Weihai), sont affrétés pour une durée de dix ans avec option d’achat auprès de Stena et seront affectés à ses lignes entre la Grande-Bretagne et l’Espagne. L’autre joli coup est le médiatique Honfleur, à la motorisation GNL-diesel électrique et à la coque optimisée sur le plan hydrodynamique pour moins consommer. Qualifié d’emblée « comme le premier navire français de transport de passagers propulsé au GNL », il aura nécessité un investissement de 180 M€, financé par la Somanor, société d’économie mixte détenue par l’armement breton associée à des collectivités territoriales, et avec la Société générale comme partenaire bancaire. Il s’agissait alors du premier navire neuf commandé depuis l’Armorique livré en 2009. Brittany en a fait d’ailleurs le vaisseau amiral de sa nouvelle dynamique. Le nouveau ferry, qui disposera de 2 600 mètres linéaires avec une capacité de 1 680 passagers, devait entrer en service en juin 2019 sur la ligne phare de la compagnie, Caen-Portsmouth (922 000 passagers et 280 000 voitures revendiqués). Mais sa livraison a été reportée, victime collatérale des difficultés rencontrées par le chantier allemand FSG Flensburger Schiffbau-Gesellschaft, choisi en raison du plan de charge des chantiers de Saint-Nazaire. Il endossera l’identité visuelle – des dégradés de bleu, vert et orange – dont la compagnie (445 M€ de chiffre d’affaires) s’est dotée en écho à son grand plan d’investissement de 450 M€, destiné à « accompagner sa transition future ». D’ici 2025, la moitié de sa flotte (12 navires avec le Honfleur) sera en effet propulsée au GNL. Pour l’heure, navigant dans une zone à émissions polluantes strictement contrôlées, les navires sont alimentés au gasoil et/ou équipés de scrubbers.