Dans les ports néerlandais, les grèves sont rares et souvent très ponctuelles. Rotterdam reste le port où l’activisme syndical est le plus marqué. Mais même là, les conflits restent généralement confinés à l’échelle des entreprises concernées.

Aux Pays-Bas, il n’y a pas de loi spécifique instaurant un monopole pour la manutention de marchandises. Ici, le travail n’est pas réservé aux seuls dockers. Le système de pools de travailleurs portuaires n’existe plus que sous une forme résiduelle dans les deux plus grands ports du pays, Rotterdam et Amsterdam.

Le travail portuaire est régi par le droit général du travail et fait essentiellement l’objet de conventions collectives conclues au niveau des entreprises plutôt qu’au niveau sectoriel. Quand un conflit éclate, c’est généralement à l’échelle de l’entreprise qu’il doit être résolu.

Le conflit le plus prononcé de ces dernières années date de 2016 lors de la mise en service des nouveaux terminaux à conteneurs à la Maasvlakte II. Leur automatisation très poussée, conjuguée à la menace d’une surcapacité, avait généré de vives craintes chez les ouvriers portuaires du secteur conteneurisé quant à la sécurité de leur emploi. Un conflit larvé de plusieurs mois – les arrêts de travail effectifs ont été très limités – s’était soldé, à l’issue d’âpres négociations, par un accord. Des inquiétudes similaires sont apparues en 2017 dans la filière charbon avec des manifestations dans des entreprises de transbordement de plusieurs terminaux, notamment à Amsterdam.

La retraite, aussi

Plus récemment, le personnel de Rotterdam Shortsea Terminal a fait brièvement grève pour obtenir une hausse des salaires plus sensible que celle proposée par la direction.

Le dernier arrêt de travail plus généralisé dans les ports néerlandais, sans qu’il y ait pour autant paralysie totale ni même partielle, remonte au printemps 2019. Il avait notamment conduit à l’interruption temporaire des activités de transbordement sur deux terminaux d’ECT. Les syndicats appelaient alors à manifester contre le projet du gouvernement de porter l’âge de la retraite à 66 ans. Un seuil jugé inacceptable par les ouvriers portuaires au regard de la pénibilité de leur travail.