©Eric Houri

 

La World Steel Association a publié ses perspectives à court terme pour 2020 et 2021. La demande d'acier se contractera de 6,4 % en 2020 mais la demande d'acier devrait se redresser dès 2021 avec augmentation de 3,8 %. La plasticité de l’économie chinoise devrait permettre à l’acier de ne pas rompre… 

En 2020, la Worldsteel prévoit que la demande d'acier se contractera de 6,4 %, tombant à 1,6 Mdt. En 2021, la demande d'acier devrait se reprendre pour atteindre 1,717 Mdt, soit une augmentation de 3,8 % par rapport à 2020. Cette année, la réduction de la demande mondiale d'acier devrait cependant être atténue par une reprise plus rapide en Chine que dans le reste du monde. « Si le virus est contenu sans deuxième ni troisième pic et si les mesures de relance gouvernementales sont poursuivies, nous pourrions assister à une reprise relativement rapide », indiquent les représentants de la Worldsteel.

L’association internationale estime en outre que la baisse de la demande d'acier dans la plupart des pays sera moins grave que pendant la crise financière mondiale, « car les secteurs liés à la consommation et aux services, qui ont été les plus touchés, sont moins gourmands en acier. Dans de nombreuses économies développées, la demande d'acier était déjà à un faible niveau, n'ayant pas encore totalement récupéré depuis 2008. »

Reprise en Chine au second semestre

Si tous les secteurs utilisateurs d'acier ont été touchés par les mesures de confinement, « les secteurs des machines-outils et de l'automobile sont fortement exposés à un choc prolongé de la demande, ainsi qu'à une perturbation des chaînes d'approvisionnement mondiales ». Les économistes du lobby soulignent par ailleurs que la modification de l'environnement de travail en raison des exigences de la distanciation sociale pourrait entraîner une baisse de la productivité et un allongement du cycle de production. 

Consommatrice vorace d’acier, la Chine concentre tous les regards. De sa sortie de l’impasse et de la normalisation rapide de son économie dépendra la reprise du secteur de l’acier. À la fin du mois d'avril, selon les données de l’organisation, les principaux secteurs utilisateurs d'acier avaient tous retrouvé une productivité quasi totale, même si le secteur manufacturier est entravé une faible demande d'exportation. Il faudra toutefois attendre le second semestre pour voir des signes plus manifestes d’une demande.

« La reprise dans le secteur manufacturier sera plus lente en raison d'une grave récession de l'économie mondiale, mais l'industrie automobile sera soutenue par des mesures d'incitation », soulignent les auteurs de l’étude, qui estiment que la demande chinoise d'acier augmentera de 1 % en 2020. « Nous prévoyons également que le bénéfice des projets d'infrastructure lancés en 2020 se poursuivra et soutiendra la demande d'acier en 2021. »

Construction navale durement touchée en Corée du sud

Dans les économies développées – UE, Japon, États-Unis, Corée du Sud – l’acier est bien plus à la peine et devrait diminuer de 17,1 % en 2020, après avoir subi une contraction de 5,6 % en 2019. En Corée du Sud, notamment, les principaux secteurs utilisateurs d'acier devraient connaître un déclin à deux chiffres en raison de la chute des marchés d'exportation et de la faiblesse de l'économie nationale. « Le secteur de la construction navale devrait être le plus durement touché », précise la Worldsteel.

Parmi les secteurs utilisateurs d'acier, l'industrie automobile reste la plus grande victime du Covid-19. En 2020, elle devrait connaître une perte de chiffre d'affaires de 20 %, en plus des pertes des deux dernières années. Quant aux perturbations actuelles de l’offre, elles devraient faire le lit de la transition vers les véhicules électriques « qui se poursuivra et s'accélérera probablement après la pandémie », projettent les auteurs de l’étude.

Adeline Descamps