©DR

 

Inquiète des alertes qui lui remontent, la Chambre internationale de la marine marchande rappelle les obligations des États envers les marins concernant les soins auxquels ils ont droit et leur accès aux ports. Elle a formalisé ses préconisations dans un guide adressé aux armements.

« Nous recevons des informations alarmantes selon lesquelles des marins souffrant de graves blessures médicales, comme un accident vasculaire cérébral, se verraient refuser une évacuation médicale pendant plus de quatre jours. Ce n'est tout simplement pas acceptable. » Celui qui tape du poing sur la table n'est autre que Guy Platten, secrétaire général de l'ICS, la Chambre internationale de la marine marchande.

Son organisation a en effet reçu des alertes concernant des marins dont l'évacuation médicale pour des problèmes de santé non liés au covid-19 ou l'accès à leur port d'embarquement ont été refusés. Elle rappelle également que « les restrictions liées au covid-19 et à la réduction drastique du trafic aérien ont empêché 200 000 marins d'assurer les relèves. L'allongement des périodes à bord menacent la santé de ces marins et peuvent susciter notamment des problèmes de fatigue et de santé mentale. »

Covid-19 : Le maillon humain de la chaîne reste le navigant

Obligations envers les marinsPour aider armateurs et affréteurs à faire face à ces urgences dans le contexte de la pandémie, l'organisation, épaulée par l'IMO, l'OMS (santé), l'OIT (travail), l'IMHA (Association internationale de la santé maritime), le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, publie un guide à leur intention. Elle rappelle aux gouvernements leurs obligations à l'égard des marins.

Le document de 48 pages prolonge les directives déjà publiées en mars. Il est ainsi rappelé que les États membres de l'ONU ne peuvent pas invoquer des raisons de santé pour refuser l'autorisation à un navire d’entrer dans un port, à des marins d’embarquer ou de débarquer, ou encore de décharger ou de charger des marchandises. Ils peuvent cependant conditionner l'accès au navire à une inspection et, si une source de contamination à bord est révélée, ils doivent effectuer la désinfection. Malgré ces rappels faits dès les premiers jours de la pandémie, de nombreux gouvernements ont mis en place leurs propres règles et restrictions.

Quant aux États du pavillon, ils doivent veiller à la santé des marins à bord des navires battant leur pavillon par des mesures adéquates et, le cas échéant, leur assurer l'accès rapide à des soins médicaux. Et les États du port doivent garantir l'accès des marins aux installations médicales à terre.

Formulaires et fiches pratiques

Le guide* édicte les mesures à mettre en œuvre pour gérer l'apparition éventuelle de la maladie à bord, depuis l'apparition de symptômes jusqu'au débarquement de marins malades ou suspectés de l'être et la désinfection du navire. Enfin, il rassemble aussi documents et formulaires utiles pour les marins et les autorités portuaires, tels des affiches à utiliser à bord des navires rappelant ce qui est autorisé et ce qui est interdit.

Myriam Guillemaud Silenko

Le guide est à télécharger sur le site de l'ICS.

Relève d'équipage : la Feport et l'Espo apportent leur pierre à l'édifice

Relève d'équipage : Le maritime et l'aérien font cause commune

Les titres professionnels maritimes prolongés six mois après la fin de l’état d’urgence

La CE propose une solution pour effectuer les relèves d'équipage

L'OMI produit un vade-mecum en 12 points pour ramener les marins chez eux