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Le plan d'investissements de l'opérateur du port grec a été partiellement accepté. C'était prévisible, compte tenu des fortes oppositions qui se sont manifestées ces derniers mois. Principal revers pour Cosco : l'extension refusée de son terminal à conteneurs, dont la croissance est impressionnante au point de devenir un concurrent sérieux à Valence et Algésiras sur les bords de la Méditerranée.

Après des mois de tractations avec les autorités grecques, Cosco a vu le Comité grec de la planification et du développement des ports (ESAL) accepter une partie de son plan d’investissements dans le port du Pirée. D’un montant de 611,8 M€, il comprend la création d’un terminal de croisières, d’un duty free, de quatre hôtels, d’un parking voitures, de bâtiments de stockage et de logistique, ainsi que la modernisation de certaines infrastructures déjà existantes.

Par contre, son projet de construction d’un quatrième terminal conteneur a été rejeté. Au grand dam de nombreux acteurs économiques locaux, de l’entreprise chinoise. « Nous espérons que les autorités compétentes reverront bientôt leur position sur l’agrandissement du terminal conteneur », a souhaité Yu Zenggang, président de l’Autorité portuaire du Pirée. D’une capacité de 2,8 MEVP, il aurait porté à plus de 10 MEVP la capacité totale du port qui atteindra prochainement 7,5 MEVP quand l’extension du terminal 3 sera achevée. Cosco entendait ainsi répondre à la progression du trafic, en hausse de 18,4 % en 2018 avec 4,9 MEVP et qui devrait s’élever à 5,5 - 5,6 MEVP cette année.

Fortes oppositions

Le gouvernement de droite, élu en juillet, a justifié la décision en disant qu’il fallait donner au projet le temps de murir, de procéder à des concertations et annoncé que Cosco pourrait renouveler sa demande ultérieurement. Ce qui, compte tenu des formalités bureaucratiques à remplir, devrait demander au minimum un an. En fait, les autorités ont souhaité ménager plusieurs opposants au projet, dont les circonscriptions administratives de Perama et Keratsini, dirigées par le parti de gauche Syrisas, sur lesquelles s’étend le port conteneur. Le syndicat des métallurgistes et celui des ouvriers de la réparation navale craignent pour leur emploi, plusieurs entreprises du secteur étant implantées sur les terrains prévus pour l’extension.

Sous le précédent gouvernement de gauche d’Aléxis Tsípras, Cosco avait déjà du revoir à la baisse son projet initial en raison des nombreuses oppositions. Les commerçants du Pirée ainsi que par le tout puissant service archéologique grec, véritable Etat dans l’Etat, s'était fait puissamment entendre cet été. Si bien qu'avaient été abandonnée l’idée de construire un cinquième hôtel, un chantier naval spécialisé dans la construction de grands yachts et une vaste zone duty free.

Thierry Joly