Ouverte à de nouveaux membres, dont des sociétés ferroviaires, Norlink Ports croise la stratégie de façade fixée par l’État. Après avoir contribué au déploiement d’un CCS régional, l’association des ports des Hauts-de-France entend jouer un rôle actif dans plusieurs dossiers tels que Seine-Nord Europe, la logistique et la promotion des modes alternatifs à la route.

En concurrence directe avec les grands ports belges et néerlandais, « Dunkerque doit devenir notre tête de pont sur l’axe Nord, en se coordonnant avec les ports proches, en particulier celui de Calais ». Pour conduire cette mission fixée par Édouard Philippe le 17 novembre au Havre, le préfet de région des Hauts-de-France pourra compter sur Norlink Ports. Présidée par Bruno Fontaine de la CCI du Grand Hainaut, l’association qui soufflera sa première bougie en janvier prochain croise en effet l’ambition du Premier ministre : « Faire de la région un hub logistique de l’Europe du nord-ouest ».

Invités par l’Union des ports de France (UPF) le 4 décembre à Paris, Stéphane Raison, président du directoire du GPMD et vice-président de l’association, et Juliette Duszynski, sa déléguée générale, ont rappelé sa stratégie et ses enjeux. « Norlink Ports a été créée pour renforcer les synergies entre ports maritimes et intérieurs régionaux afin de valoriser collectivement les opportunités logistiques des Hauts-de-France».

 

Un CCS régional

Autour de onze membres gestionnaires de vingt sites portuaires maritimes et intérieurs, Norlink consolide en 2016 un trafic maritime de 90 millions de tonnes, et fluvial de 12 millions de tonnes. Avec le concours des transitaires dunkerquois, l’association a d’ores et déjà contribué au déploiement d’un Cargo Community System (CCS) régional basé sur AP+ utilisé par le port de Dunkerque. « Aujourd’hui, tous les transitaires régionaux peuvent y accéder et gagnent ainsi en fluidité et souplesse dans leurs échanges ». En parallèle, une convention de partenariat a été signée avec Voies navigables de France pour développer le trafic fluvial régional. « Elle prévoit notamment la mise à disposition par VNF de 1.200 heures de prestations par an. Notre feuille de route est en cours de finalisation », précise Juliette Duszynski.

Connecter la région

Au moyen d’une communication et d’actions de lobbying partagées, Norlink entend valoriser le positionnement de la région intégré au cœur économique de l’Europe et de bassins de consommation français, britannique et belge majeurs. De longue haleine, ce travail passe notamment par la promotion de liaisons et infrastructures terrestres reliant les Hauts-de-France avec l’Europe et le monde. La réception entre le 21 et le 27 novembre de deux trains en provenance de Wuhan, capitale de la province chinoise du Hubei, par Dourges Delta 3 est à ce titre saluée par Stéphane Raison. Pour Décathlon, implanté sur la plateforme multimodale, et la Française de Mécanique, filiale du constructeur automobile PSA à Douvrin, une montée en puissance de ces navettes ferroviaires est escomptée en 2018 et 2019. Au-delà, la défense des intérêts régionaux au sien du réseau transeuropéen des transports (RTE) et de ses corridors de fret ferroviaire est présentée comme une priorité. « D’autant que les Hauts-de-France disposent d’importantes capacités ferroviaires non saturées, sur l’axe est-ouest en particulier ».

Le projet Seine-Nord-Europe à concrétiser

Avec ses futures plateformes, le canal Seine-Nord Europe figure aussi parmi les missions de Norlink Ports. « Moyen d’étendre notre hinterland vers de nouveaux marchés, nous partons d’une page blanche », reconnaît Stéphane Raison. Présidée par Xavier Bertrand, la Société du Canal Seine-Nord Europe créée le 3 octobre à Amiens est appelée à conduire sa réalisation jusqu’à sa mise en service prévue en 2025. Parmi les autres défis de l’association, sa déléguée générale cite le projet de nouveau bassin CAP 2020 à Dunkerque, en débat public jusqu’au 22 décembre, les conséquences du Brexit, et la fusion entre les ports de Gand, Terneuzen et Flessingue.