Jean-Frédéric Laurent, président du directoire du Grand Port maritime de Bordeaux, en poste depuis quelques jours ©MP

Une convention avec les collectivités territoriales et un accord avec les manutentionnaires : le nouveau président du directoire du Grand Port maritime de Bordeaux, Jean-Frédéric Laurent, veut enclencher une nouvelle dynamique. Entretien.

Comment abordez-vous cette nouvelle mission dans un contexte portuaire bordelais marqué par de nombreux conflits ?

Jean-Frédéric Laurent : Mon souhait est d’être dans une approche renouvelée et de relancer une dynamique de dialogue avec les acteurs économiques comme les collectivités territoriales. Ainsi, le 28 mars dernier, lors du conseil de surveillance, le port de Bordeaux a validé la création d’une convention quadripartite entre la Région Nouvelle-Aquitaine, le Département de la Gironde, la Métropole et le GPMB.

Cette charte de coopération est un premier acte fort pour renouer le dialogue. Ces différents partenaires devraient se réunir régulièrement pour échanger et mener des réflexions par axes thématiques. C’est la première fois, à ma connaissance, qu’est élaborée une démarche quadripartite. Des conventions de ce type existent dans certains ports, mais elles sont surtout bilatérales. Cette structure va permettre de fluidifier les échanges, de coordonner la stratégie du port en cohérence avec celle des territoires, de prioriser les actions et la future stratégie du port de Bordeaux.

Les acteurs économiques portuaires seront-ils associés ?

Si les acteurs économiques tels que l’UMPB ou la CCI ne sont pas cosignataires, ils n’en seront pas moins associés aux réflexions. Envers les industriels et exportateurs, le port a également aujourd’hui tout un travail à mener de réinvestissement et de prises de contact avec toutes les filières sans exception. J’ai pu constater, d’ores et déjà, que ce territoire est très dynamique, porteurs de nombreux projets, mais que beaucoup considèrent que le port ne peut pas répondre à leurs besoins… Il y a donc un fort potentiel de développement et tout un travail de communication à faire sur notre offre de services pour convaincre ces acteurs.

La fiabilité des services est également une attente des opérateurs. Comment allez-vous y répondre ?

La priorité, au port de Bordeaux, est dans la préservation des capacités de manutention verticale, qui s’est traduite par la reprise par le port de l’activité de Bordeaux Atlantique Terminal (BAT), en liquidation judiciaire, devenue Bordeaux Opérations Portuaires (BOP). L’outil devait être préservé. Aujourd’hui, suite à la médiation de ces dernières semaines*, un accord vient d’être signé, ce 29 mars, entre le port de Bordeaux et les représentants syndicaux. Il porte sur les modalités de fonctionnement et d’organisation de BOP, les effectifs, les rôles respectifs …Cet accord est une étape essentielle dans l’action de reconquête de la confiance des clients. Il signifie que l’on se remet au travail dans un cadre désormais stabilisé.

Propos recueillis par Marianne Peyri

* Conduite par Philippe Dorthe, conseiller régional, la médiation entre la Direction du GPMB et les syndicats CGT-FNPD a débuté en décembre 2018.